Se libérer des mémoires affectives pour regarder vers l'avenir
Depuis une vingtaine d'années, Sylvie Bergeron s'intéresse aux forces invisibles qui nous animent. Comment échapper aux nombreuses influences qui nous dominent pour trouver notre voix intérieure ? Dans le deuxième tome de Vers notre face cachée, qui a été lancé le 3 avril dernier, l'Ahuntsicoise décrit les pièges de la pyramide sociale tendus par les idéologies religieuses et scientifiques.
Dans le premier tome, Sylvie Bergeron s'attardait sur les clés de notre identité intangibles que sont l'esprit et l'âme. Dans le deuxième volume, elle se penche sur l'individu dans sa quête d'autonomie au sein de la société.
L'auteure a étudié en psychologie avant de se tourner vers la littérature et la danse. Depuis une vingtaine d'années, elle travaille à rendre l’individu autonome et à l’instruire des pièges subtilement dressés sur la route de son identité réelle. Elle agit notamment comme coach auprès d'artistes qui veulent développer leur créativité et d'entrepreneurs désireux de développer et maîtriser leur vision.
Écouter sa voix intérieure
Sa démarche s'inspire de la psychologie évolutionnaire. Ce courant né au Québec se propose d'étudier le monde invisible et de se doter de critères pour cerner l'intangible. Le truc: s'efforcer de différencier son intuition du bagage d'informations qui circulent autour de nous, distinguer sa voix intérieure dans le flot de rumeurs de toutes sortes dans lequel nous baignons.
L'auteure effectue actuellement une étude avec des chercheurs au département de psychologie de l’Université de Montréal. Son sujet: les personnes hypersensibles, plus susceptibles que les autres de capter les courants intérieurs.
«Près de 20 % de la population est hypersensible, affirme-t-elle. Mais de ce nombre, seulement 1 % fait des recherches sur soi-même pour comprendre ses souffrances.» Plusieurs sombrent dans la drogue ou la maladie mentale.» Et l'auteur croit que cette proportion augmentera au cours des prochaines années. «La sensibilité humaine s'accroît, constate-t-elle. On le voit aux diverses prises de conscience, qui sont de plus en plus nombreuses.»
Ouvrir la porte à la créativité
L'auteure estime que cette conscientisation des populations mènera à l'émergence d'une nouvelle civilisation, plus visionnaire. «Réfléchir est le plus grand piège, déclare Sylvie Bergeron. Il faut apprendre à se brancher sur notre canal intérieur pour se dégager de toutes les influences que nous subissons. Il y a beaucoup de choses nouvelles à découvrir, on émerge à peine.»
«Le défi est de trouver l'axe qui nous met dans nos chaussures pour se libérer des mémoires affectives qui nous attachent. À partir du moment où l'on défait ces références, on se retrouve devant le vide, devant soi, et on ouvre la porte à la créativité», indique-t-elle.
Depuis 1997, Sylvie Bergeron a publié plusieurs ouvrages sur la psychologie évolutionnaire. Elle s'est également intéressée à la psyché du peuple québécois. Elle a publié un premier roman, L'âme sœur, en 2002.
(Photo: Jacques Pharand)