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Les Omini sont parmi nous

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 24 novembre 2006 à 16:13
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Les Omini sont parmi nous
Aldo Pornaro a réalisé à ce jour une quinzaine d'Omini, qui sont exposés sur le toit de sa résidence de la rue Meunier, au nord du boulevard Crémazie. (Photo: Jacques Pharand)
Les Omini sont parmi nous
Un tronc de pommier, un cèdre foudroyé, un tilleul aux formes étranges deviennent entre les mains d'Aldo Pornaro d'étranges personnages. Imposants et naïfs à la fois, ses Omini sont autant de totems dressés en hommage à la fantaisie et aux forces de la nature.
Sur la terrasse au-dessus de sa résidence, Aldo Pornaro a installé un musée à ciel ouvert. Ses Omini surplombent la rue de leur présence bienveillante. On nage en plein art brut ici. C'est ainsi que l'a voulu l'artiste né dans le nord de l'Italie et installé au Québec dans les années'50. Ses outils: la tronçonneuse et la meule. Son terrain de chasse: 73 acres de terre qu'il possède en Ontario.

Aldo Pornaro s'est lancé dans la fabrication de ses sculptures gigantesques en 2002. En coupant son bois de foyer dans sa propriété, il tombe en arrêt devant une souche aux formes évocatrices. L'idée de la façonner pour en faire un personnage jaillit dans son esprit.
De Pinocchio au Bossu
Sa première création sera un Néron, en hommage à ses origines romaines. Il sera rejoint par un Bossu de Notre-Dame au corps torturé qui suit les contorsions d'un morceau de peuplier. Un extraterrestre à tête gigantesque vient agrandir la famille. Ces longs visages aux yeux arrondis nous interpellent, leurs grandes bouches muettes semblant nous murmurer d'inaudibles onomatopées.
L'artiste s'est inspiré du célèbre conte de Carlo Collodi pour donner vie à un Pinocchio dans la plus pure tradition du genre. Touchante de naïveté, la statue demeure à ce jour une des pièces maîtresses du sculpteur. Autre référence: Un Don Quichotte criant de vérité émerge du tronc d'un pommier.

Aldo Pornaro puise aussi son inspiration dans son environnement immédiat. Chez une voisine, sur la rue Meunier, un arbre a été fauché par la foudre. Entre les mains de l'artiste, le tronc foudroyé trouve une nouvelle vie sous la forme d'une statue intitulée Monsieur Georges, en souvenir du mari de la propriétaire, qui l'avait planté.
Travail des matières
Ce touche à tout autodidacte n'a suivi aucune formation artistique. «À 14 ans, ma mère m'a dit d'arrêter l'école. J'ai fréquenté les Arts et métiers, où je me suis initié à la technique des engrenages. Après, j'ai travaillé dans une fonderie en moulage de terre», raconte-t-il. Son intérêt pour la création était déjà bien présent. «Moi, ce n'était pas le sport ou la musique, mais le travail des matières. J'ai toujours touché à quelque chose», résume-t-il.
Aldo Pornaro a commencé à travailler le bois à son arrivée au pays en exécutant des bas-reliefs. À travers des livres d'art, il découvre la peinture et achète ses premiers pastels et tubes de couleurs. Il réalisera une soixantaine de toiles.

Dans les années'70, il met ses expériences artistiques en suspens pour se consacrer à son entreprise de terrassement. Au hasard de l'association avec un producteur d'arbres, il découvre la technique des bonsaïs et se lance dans la production d'une soixantaine de spécimens d'arbres miniatures. «C'est facile de faire pousser des bonsaïs. Tu prends un arbre et tu l'empêches de grandir. Mais il faut posséder un sens artistique pour le rendre beau.»

Au début des années'90, la fièvre de la création le reprend; il se met à façonner des masques et des sculptures en terre et pulpe de bois. Dans la foulée, il fonde la Corporation des Artisans de la rue d'Amérique du Nord. Il participe à plusieurs expositions, notamment au Centre culturel italien, à la Galerie Port-Maurice et à la Semaine italienne de la Petite Italie, où il sera à nouveau présent en août prochain.

Surtout reconnu en Ontario et par la communauté italienne, Aldo Pornaro souhaite conquérir aussi le public québécois. Un défi qu'il s'appliquera à relever au cours des prochaines années. Car cet artiste aux intérêts multiples n'a pas fini de surprendre.

On peut avoir un aperçu de l'œuvre de l'artiste en visitant son site Web au www.maschere.ca

(Photo: Jacques Pharand)

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