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Montréal vue par Martine Delvaux - Bonbon aigre-doux

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 2 octobre 2009 à 14:47
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Montréal vue par Martine Delvaux - Bonbon aigre-doux
(Photo: Éric Carrière)
Montréal vue par Martine Delvaux - Bonbon aigre-doux
Martine Delvaux vient de publier Rose amer, son deuxième roman, chez Héliotrope. L'auteure, qui vit dans le quartier portugais, présente un récit qu'elle décrit comme un roman à double tranchant puisant sa matière dans l'enfance et ses obsessions.
Elle se situe dan la lignée de ces auteures qui ont une voix et un regard. Ces plumes trempées dans la réalité douce amère du quotidien qui distillent une petite musique discrète, mais entêtante. Les Christine Angot, Annie Ernaux et aussi Nelly Arcand. L'entrevue a eu lieu avant l'annonce du suicide de l'auteure de Putain. Martine Delvaux évoquait alors une parenté, un écho avec ce genre littéraire inclassable qui navigue entre récit de soi et autofiction.

Faut-il chercher des clés dans son livre ? «C'est un roman autobiographique, admet l'écrivaine. La narratrice, c'est moi, avec le décalage du temps et de l'imagination.» Rose amer raconte le regard d'une petite fille qui grandit dans un village nouveau, son passage à la banlieue, ses rêves, ses questionnements, ses inquiétudes.

Pour retrouver le parcours ordinaire de cette enfant qui a grandi dans les années 70, l'auteure a effectué un travail sur l'obsession. «Je me suis livrée à un parcours de Petit Poucet pour retrouver dans l'enfance les traces de la disparition originelle, celle du père, qui marque toutes les autres petites et grandes.»

Martine Delvaux pose un regard d'entomologiste sur la vie ordinaire. Elle pointe les détails, braque la loupe sur toutes ces petites disparitions qui trouvent écho lancinant dans la vie de la narratrice. La narration de cette vie ordinaire dans un village des plus inintéressants fait ressortir l'impression d'étrangeté.

Professeure en littérature féministe à l'UQAM, romancière, essayiste, elle puise dans la matière première de sa vie. Son premier roman, C'est quand le bonheur ? , paru en 2007, parle d'une amitié entre un homme et une femme. Le prochain sera un roman d'amour, annonce-t-elle. Quel que soit le sujet, la démarche reste toujours la même, une valse-hésitation «entre le désir de coucher les mots sur papier et en même temps une grande méfiance.»
Mes bonnes adresses
- Pour manger… Aux Vivres (4631, Saint-Laurent), parce que c’est sain, étonnant, que les serveuses sont cool et les plats délicieux.

- Pour flâner… Faire du lèche-vitrine sur la rue Saint-Laurent, au nord de Saint-Joseph, dans l’air frais de l’automne et le bruit des feuilles mortes. Meubles, vêtements, céramiques… dans cette atmosphère des choses qui naissent et vivent discrètement.

- Pour sortir… Difficile à dire, moi qui ne sors presque jamais… Mais mon activité kitsch préférée de fin de journée : un cocktail au 737 de la Place Ville-Marie, Montréal sous le soleil couchant.

- Pour lire… et pour écrire : Le Café Dépôt, coin St-Laurent et Prince-Arthur, à qui je dois mes romans.

- À découvrir… Le petit restaurant thaïlandais qui a l’air de rien, Duluth coin Coloniale, voisin de Kenzo Kenzo Hair (72, Duluth E), le salon de coiffure le plus inusité du quartier.

-À fuir… Le plus possible : l’avenue des Pins…

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