Pierre Michel Tremblay.
(Photo: Jacques Pharand)
Pierre Michel Tremblay
Peut-on rire de tout ? Oui, répond Pierre Michel Tremblay. Tout est dans la manière. Le cofondateur du Groupe sanguin ne se contente pas d'écrire pour les Jean-Thomas Jobin et Michel Barette de ce monde. Il débarque sur les planches cet automne au Rideau Vert puis à La Licorne. Il sera aussi sur les ondes de Télé Québec, avec la toute nouvelle émission des Moquettes coquettes.
«On peut rire de tout, mais il y a la manière et le moment. Il faut choisir sa cible. Je serais mal à l'aise de rire des victimes d'abus sexuels. Si c'est plus dérangeant que drôle, je pense qu'il ne faut pas le faire», déclare l'auteur.
En matière d'humour, il s'y connaît. Ils sont nombreux à faire appel à sa plume, humoristes ou réalisateurs de séries télé. À son tableau de chasse: Jean-Michel Anctil, Marie-Lise Pilote et le tandem Lévesque et Turcotte. À la télévision, son nom est associé à des émissions qui ont fait hurler de rire les Québécois: Le Grand Blond, Délirium, La Petite séduction, Le Fric show ou encore Un gars, une fille.
En ce moment, il concocte pour les Moquettes coquettes, un groupe de filles déjantées, des textes qui feront frétiller les zygomatiques des téléspectateurs cet automne. «Je ne boude pas mon plaisir avec la télévision. C'est un médium très puissant, même si le travail d'écriture est plus profond au théâtre», signale l'auteur, qui a résidé longtemps sur le Plateau avant de déménager dans NDG.
Au théâtre, justement, il sera bien présent au cours des prochains mois. Avec Coma unplugged, d'abord. Plusieurs fois récompensée au Gala des Masques en 2007, la pièce qui introduit le spectateur dans le subconscient d'un homme plongé dans le coma ouvre le bal au Rideau Vert en septembre, avant de partir en tournée un peu partout au Québec.
Puis ce sera au tour de sa dernière création, Au Champ de mars, de prendre l'affiche à La Licorne en janvier. Le thème de la pièce: un jeune soldat revenu ébranlé d'Afghanistan.
«C'est une pièce née dans l'urgence du désir de comprendre la guerre. En général, la guerre, soit on s'y oppose, soit on la défend. J'ai voulu la prendre comme un objet de culture, qui influence l'écriture, le cinéma, la mode, les jeux vidéo.»
L'écriture de Pierre Michel Tremblay pour le théâtre mêle la satire et le fantastique, un genre qu'il a développé en s'éloignant un peu de Molière ces dernières années pour fréquenter davantage Shakespeare.
«Le théâtre est un espace où je me permets de prendre des sujets graves sans être nécessairement dans l'efficacité comique. Je ne m'oblige pas à avoir un résultat immédiat et à déclencher les rires», confie-t-il.
Mes bonnes adresses
Pour manger: Les Trois petits bouchons (4669, rue Saint-Denis) pour son assiette de charcuterie. J'aime les restaurants où le service est chaleureux sans être débraillé. Le chef y est particulièrement créatif. Il prépare une cuisine franco-québécoise très savoureuse. Également Les Belles sœurs (2251, rue Marie-Anne E): les meilleures crêpes à Montréal!
Pour prendre un verre: Le Café Art Java et le café Eldorado sur l'avenue du Mont-Royal, ou encore les Deux Marie, sur St-Denis, pour un bon café latte.
Pour flâner: Je marche souvent de chez moi sur la rue Sherbrooke pour aller à la bibliothèque Westmount, un lieu magnifique qui dégage une atmosphère très particulière. En scooter sur les bords du canal Lachine avec ma blonde.
À découvrir: Le marché Ankara, rue Sherbrooke coin Kensington. On y trouve d'excellents baklavas et un choix de noix incroyable.
À fuir: Les grandes artères commerçantes du Plateau Mont-Royal le samedi matin après 10h où il faut faire la file pour prendre un café.
(Photo: Jacques Pharand)