Michel Vézina a fondé la maison d'édition Coups de tête, entre autres pour permettre l'émergence d'une littérature ayant plus de mordant. (Photo: Rolline Laporte)
Michel Vézina, un auteur qui a du chien
Le coloré chroniqueur de montrealexpress.ca, Michel Vézina, s'apprête à lancer sa toute dernière œuvre, Sur les rives. Ce polar figure parmi les dernières parutions de sa maison d'édition, Coups de tête, qui feront l'objet d'un lancement collectif le 30 avril.
«Une lecture qui décoiffe et qui dérange!» C'est ainsi que Michel Vézina qualifie son style littéraire.
En effet, avec ce dernier roman, l'auteur pousse l'horreur à son paroxysme. En y allant de descriptions macabres des plus détaillées, il forge dans l'esprit du lecteur des images difficiles, d'une rare intensité. Rimouski devient le théâtre d'un crime d'une violence sadique. Le tout est raconté dans un langage cru, typiquement québécois.
L'auteur avoue prendre plaisir à écrire de manière à effrayer. «J'aime faire peur aux gens avec les mots, leur faire vivre des émotions fortes. Je suis loin d'avoir des idées meurtrières et je ne m'identifie à aucun personnage. Mais cela me permet de jeter un regard sur le monde dans lequel on vit, d'essayer de comprendre comment les pires meurtriers peuvent en arriver là», explique-t-il.
Il qualifie son roman de «fiction sociologique». De main de maître, il y exploite la personnalité et la psychologie de chaque personnage en fonction de leurs différents bagages culturels et sociaux. Un enquêteur rimouskois, une journaliste montréalaise bourgeoise, un hippie, un policier new-yorkais d'origine haïtienne, Michel Vézina illustre dans Sur les rives les caractères propres aux différentes couches sociales.
Sur les rives de la métropole du Bas-du-Fleuve, le corps lacéré et mutilé d'une femme est retrouvé. S'ensuivent la découverte des dépouilles d'un homme tué par balles, ainsi que de son meurtrier qui s'est suicidé, l'arme retournée contre lui. S'enchaîneront de multiples scénarios identiques, de part et d'autre en Amérique.
Tout semble indiquer que ces décès sont reliés, mais le meurtrier est chaque fois décédé. Comment cela se peut-il donc? Michel Vézina sait pousser son lecteur au questionnement et laisse planer le doute tout au long du récit.
Un chroniqueur qui déplace de l'air
Après avoir été remercié pour ses services de chroniqueur littéraire par l'hebdomadaire culturel Ici en raison, dit-il, de son refus de voir ses textes soumis à la convergence de l'information, Michel Vézina signe maintenant une chronique dans montrealexpress.ca: Sortie de secours.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le polyvalent écrivain ose sortir des sentiers battus. «Je m'attarde aux œuvres un peu méconnues du public, afin de diversifier l'information. Que ce soit pour la chronique ou le roman, l'important, c'est d'avoir son propre style et sa propre opinion, sans toutefois toujours vouloir dire le contraire de tout le monde, explique-t-il. Si j'ai la même opinion que les autres, je n'en parlerai pas parce que ça n'en vaudrait pas la peine.»
Il qualifie ses chroniques, souvent inspirées d'anecdotes personnelles, culturelles, mais teintées d'humeur.
Entre ses occupations de directeur littéraire et de chroniqueur, Michel Vézina trouve le temps de toucher au domaine du cinéma. Il travaille actuellement en compagnie du réalisateur Thony Laporte à une adaptation cinématographique de son roman Asphalte et vodka, paru aux éditions Québec Amérique en 2005.