«Nul ne guérit de son enfance», chantait Jean Ferrat. Dans son livre Adieu, vert paradis, Alexandre Lazaridès démontre que malgré l’ampleur de la tâche, cela est possible.
(Photo: Martin Alarie)
Un premier enfant littéraire
Par une belle journée de printemps, un journaliste et un auteur se sont rencontrés au café bistro L’Estaminet de la rue Fleury pour discuter du premier roman publié par ce dernier. Pendant environ trois ans, Alexandre Lazaridès s’est laissé guider par l’écriture et Adieu, vert paradis en est le résultat.
«L’écriture est un peu l’action de l’inconscient. On ne la comprend qu’à la fin du livre», mentionne l’auteur. Son aventure littéraire a débuté lorsqu’il a mis sur papier certains souvenirs combinés à sa réalité et à son imaginaire.
M. Lazaridès est originaire du Caire, en Égypte, et il habite Montréal depuis 1965. «J’ai vécu dans deux mondes très différents, mais je suis solidement enraciné ici. Je ne suis pas retourné dans mon pays d’origine depuis 35 ans… Je vis avec des souvenirs qui n’existent plus.»
L’un des principaux sujets de son ouvrage est d’ailleurs l’enfance. Quelques éléments de cette période de sa vie au pays des pharaons ont inspiré des scènes du livre.
L’auteur est également grand-père de trois jeunes filles et il admet que cette nouvelle expérience lui a permis de voir l’enfance d’un autre œil. «Lorsqu’il s’agit de nos propres enfants, nous nous efforçons de poursuivre un travail éducatif, mais avec mes petites-filles, j’ai développé une indulgence infinie.»
C’est avec cette nouvelle vision, son propre vécu et une bonne dose d’imaginaire qu’il raconte le parcours d’un homme qui a été dérobé de son enfance et qui en souffre toujours. Usant en alternance de deux modes narratifs, afin d’illustrer le passage entre le passé et le présent, l’auteur quitte tour à tour l’enfant pour donner la parole à l’homme qui, des années plus tard, à mille lieues de son pays d’origine, est père à son tour.
«Avec le temps, l’homme est devenu très aliéné. Tout lui est d’apparence trompeuse, mais il y a encore de l’espoir. C’est l’art qui va le sauver», précise l’auteur.
Enseignant pour la vie
M. Lazaridès a consacré 30 ans de sa vie à l’enseignement de la langue de Molière au niveau collégial. S’entretenir avec lui constitue en soi une leçon de français, car pour lui, le bonheur de partager le savoir est presque inégalable.
«C’est magnifique de posséder des connaissances est de les multiplier en les partageant! Même à la retraite, l’enseignement restera toujours dans ma peau», mentionne-t-il.
Malgré le plaisir qu’il a eu à écrire ce premier roman, Alexandre Lazaridès ne sait pas s’il renouvellera l’expérience. «J’ai quelques idées, mais je veux prendre le temps de m’occuper de mes petites-filles et j’ai tant de livres à lire! Il ne faut pas parler de ce qui n’est pas réalisé.»