Pendant près de deux semaines, 15 élèves de l’École secondaire Sophie-Barat ont vécu avec différents peuples du Grand Nord québécois. Ils ont entre autres participé à la fabrication d’igloo avec la communauté Inuit d’Inukjuak.
(Photo: François Léger-Savard)
Voyage sur la planète blanche
Il y quelques semaines, 15 jeunes du club de Plein Air l’Escape de l’École secondaire Sophie-Barat vivaient un dépaysement total. Après un voyage de cinq heures, le groupe a atterri dans un endroit tellement différent de leur milieu de vie habituel qu’il se croyait sur une autre planète. Pourtant, il était toujours au Québec.
Pendant 12 jours, du 27 février au 10 mars, 15 élèves de cinquième secondaire âgée, entre 16 et 17 ans, accompagnés de quatre adultes, dont leur enseignant de Plein air, Éric Laforest, et François Léger-Savard, ancien élève et photographe officiel du voyage, ont vécu une expérience hors du commun.
Leur périple a débuté dans une communauté Inuit d’Inukjuak, puis cinq jours plus tard, ils sont repartis vers Montréal pour ensuite se diriger chez les Cris de Mistissini. «L’idée du Grand Nord mijotait depuis environ deux ans, explique M. Laforest. J’en avais parlé à certains élèves autour d’un feu lors d’une activité de plein air et ils ont tout de suite embarqué.»
Grâce à la tenue de quelques activités de financement, ainsi qu’à l’appui financier de certaines entreprises, le groupe fut en mesure de réaliser le premier objectif de leur voyage: partir vers l’inconnu, car malgré une très bonne préparation, les élèves admettent aujourd’hui qu’ils ne savaient pas trop à quoi s’attendre, excepté une chose. «Nous étions très à l’aise avec l’idée du froid, c’était comme un défi de plein air», mentionne Alice. «Mais en sortant de l’avion, ç’a frappé. Avec le vent, il pouvait faire environ -50°C», ajoute Thomas.
Un des principaux objectifs de leur séjour était de s’ouvrir entièrement à un autre peuple et à sa culture en laissant derrière toutes idées préconçues. Pour y arriver, les jeunes se sont intégrés au quotidien des communautés qu’ils ont visitées. «Généralement nos journées ressemblaient à ceci: on se lève, on déjeune ensemble, puis on part faire différentes activités. On est allé à la pêche, on a glissé, on a participé à une activité de couture, on a joué au hockey, on a visité la coop, la garderie et autres», énumère le groupe. «Plus le voyage avançait, plus le groupe se divisait pour aller faire d’autres choses, car les gens étaient tellement accueillants qu’ils proposaient d’autres activités à tout le monde», ajoute leur professeur.
En plus d’avoir été impressionné par leur grande ouverture, le groupe affirme que le rythme de vie mené par ces peuples, principalement les Inuit, leur a beaucoup plus. «Tout est beaucoup plus relax là bas, tellement que ça été un choc au retour», mentionne le groupe d’un commun accord.
Ce qui les a le plus marqué
Alexis: «Un des buts du voyage était de démentir nos préjugés, mais il existe bel et bien de graves problèmes d’alcool et de drogues dans ces communautés. Sauf qu’il y a une différence entre un préjugé et comprendre la réalité.»
François: « J’ai réalisé à quel point on ne connaît pas les gens qui vivent ici, dans notre province. Ils ont leurs traditions et leurs façons de penser et je me considère très chanceux d’avoir été en contact avec eux.»
Marie: «Les paysages sont vraiment incroyables. C’est à Inukjuak que j’ai réalisé à quel point le Québec est immense.»
Éric: «Il y de très belles choses qui se font là bas. L’enseignement des traditions, le support accordé aux chasseurs, de grandes fêtes. C’est un beau peuple.»
Louis: «Ce sont des personnes très généreuses et accueillantes. Ils sont toujours prêts à faire quelque chose.»
Thomas: «Les personnes âgées font partie de la communauté. Les gens les respectent et les écoutent quand ils parlent.»
Ariel: «Si tu t’ouvres à eux, ils vont t’apprendre et t’écouter. Je dois appliquer ça ici maintenant.»
Alysé: «Notre société leur a demandé de s’adapter très vite et ils ont quand même bien réussi, et ce, sans mettre leurs valeurs de côté.»
Alice: «Ils conduisent tous des motoneiges, des plus jeunes aux personnes âgées.»
Marie-France: Même si certains des jeunes de notre âge sont déjà venus en ville, ils aiment être là et veulent vivre leur vie avec leur communauté.»
Cynthia LeBlanc
Commentaire mis en ligne le 2 avril 2009C'est un bel article... ca m'a donne le gout d'aller dans le grand nord!!!