Maria Mourani, députée d’Ahuntsic.
(Photo: Gracieuseté)
Dépenser pour s’en sortir
Pour la députée d’Ahuntsic, Maria Mourani, la présente crise économique n’en est pas encore une, mais au cours des derniers mois, des centaines de citoyens ont communiqué avec elle pour lui exprimer leurs inquiétudes. Pour s’en sortir, Mme Mourani croit qu’il faut demeurer optimiste et elle offre d’ailleurs quelques conseils pour y arriver.
«Depuis quelques mois, j’ai constaté plusieurs choses dans la circonscription, qui s’étendent également à la grandeur du pays, indique la députée. Les gens appellent parce qu’ils ont perdu leur emploi ou ils ont peur de le perdre. Il y a une si grande demande pour le chômage et il n’y a pas assez de personnel pour y répondre, alors les gens s’impatientent.» Alors que pour la plupart des Canadiens, les effets de la crise ne se sont fait sentir qu’assez récemment, Mme Mourani mentionne qu’elle reçoit des appels et des courriels des travailleurs de l’industrie de l’automobile depuis octobre.
Si certaines personnes ont été quelque peu rassurées à la suite de la présentation du budget fédéral, d’autres ont vu leur situation s’aggraver davantage. «Des organismes comme le SNAC (Service de nutrition et d'action communautaire) ont vu leur clientèle doubler et il s’agit de gens qui arrivaient avant, mais leur situation a changé avec la crise», explique Mme Mourani. Malgré tout, elle rappelle aux gens qu’il faut avoir confiance en le système économique pour espérer s’en sortir.
Optimisme et astuces
Le Bloc québécois, le parti de Maria Mourani, a récemment soumis quelques projets de loi qui pourraient soulager les Canadiens à moyen et à long terme. «Nous voulons que le pourcentage du salaire touché par les chômeurs passe de 55% à 60% et nous voulons aussi l’abolition de l’attente de deux semaines», indique-t-elle. De plus, le Bloc a demandé que le nombre d’heures travaillées pour être admissible au chômage passe de 900 heures à 360, afin que les étudiants puissent y avoir accès.
Mme Mourani veut également faire pression auprès des compagnies de crédit, afin qu’elles diminuent leur taux d’intérêt. «Le taux de la banque du Canada est présentement de moins de 2%, je crois qu’il devrait y avoir une loi pour que les compagnies de crédit ne puissent pas le dépasser de plus d’un certain pourcentage.» La députée invite les gens qui ont un bon dossier de crédit de communiquer avec leur compagnie et d’exiger une baisse de leur taux d’intérêt. «Pour relancer l’économie, les gens doivent consommer. Il n’est pas normal qu’ils aient à payer autant d’intérêt s’ils sont de bons payeurs.»
Finalement, Mme Mourani rappelle aux gens que même si l’économie connait des difficultés, d’importantes sommes sont présentement disponibles pour divers projets. «Le Canada va investir 12 milliards de $ au cours des deux prochaines années dans les infrastructures. Si vous avez des idées de projets pour des installations sportives, et je sais que nous avons besoin d’un terrain de soccer intérieur dans le secteur, c’est le temps de les soumettre.» Selon la députée d’Ahuntsic, il faut éviter la panique, trouver des moyens d’économiser un peu d’argent et aller chercher les subventions disponibles. Tout ça dans le but de mieux dépenser le tout et de faire rouler l’économie à nouveau.
(Photo: Gracieuseté)
Série d'articles
Depuis plusieurs mois, on parle de récession, mais qu'en est-il réellement? Pour en apprendre davantage sur la crise économique actuelle et ses impacts dans la communauté, durant les prochaines semaines, nous vous présentons le point de vue d'acteurs locaux sur l'économie.