Pierre Paquin, Martin Archambault et Pierre Provost ont passé dix jours dans une caverne au Mexique à la recherche d’espèces très rare d’araignées.
(Photo: Jacques Pharand)
Des passionnés des araignées
Des spécimens rares
Si vous n’aimez pas les araignées, cet article n’est pas pour vous. En fait, oui, car il est possible quand le lisant, l’enthousiasme de ces trois gars d’Ahuntsic vous fasse changer d’opinion par rapport à ces bestioles à huit pattes.
Il y a environ deux ans, les spéléologues (spécialistes de l’étude et de l’exploration des cavités du sous-sol de la Terre) Martin Archambault et Pierre Provost ont pris part à l’expédition Mexpé dans le sud du Mexique. De leur voyage, ils ont rapporté d'intéressants spécimens d'araignées, qu’ils ont, à leur retour, fait identifier par l’arachnologue spécialiste des araignées cavernicoles, Pierre Paquin. De cette rencontre est né un lien d’amitié, qui les a convaincus d’organiser ensemble une autre expédition. Le but de cette nouvelle aventure était de dénicher certains spécimens très rares dans la région de Mante, au nord du Mexique. Joel Ledford, finissant au doctorat de l'Université de Berkley en Californie, s’est joint au trio pour l’occasion. «On s’est dit que ce serait l’fun de revenir au Mexique avec un objectif plus scientifique tout en basant l’expédition sur la spéléo», précise M. Archambault. Comme l’explique M. Provost, la spéléologie est un sport où la compréhension de l’aspect scientifique est cruciale, donc les deux spéléologues étaient en terrain familier. Toutefois, ils ne s’attendaient possiblement pas à développer une passion pour les araignées similaire à celle de leur collègue arachnologue.
Des araignées plus petites qu’une tête d’épingle.
Avant d’entreprendre le voyage sous terrain, il fallait se rendre sur les lieux. Cinq heures d’avion, 12 heures de route et entre deux et trois heures de «trail quasi impraticable» ont été nécessaires pour arriver à la Réserve de la biosphère de la région de Mante. Toutefois, ce n’était pas la fin des embûches.
Trouver l’entrée de la caverne n’a pas été une partie de plaisir, mais le quatuor a finalement réussi grâce à l’aide de Jean-Louis Lacaille Múzquiz, un habitant de la région qui connaît bien les environs. Ensuite, il fallait se méfier des pumas, des ours, des serpents et des autres animaux qui résident dans le secteur. Finalement, il était nécessaire de bien se couvrir la nuit, car elles sont plutôt froides dans le nord du Mexique.
Mais une fois dans la grotte, nos quatre amis étaient dans leur élément. Du 28 décembre au 6 janvier, soit pendant 10 jours, la chasse aux araignées était ouverte. Ils ne cherchaient pas n’importe qu’elles espèces par exemple. Leur objectif était de trouver des araignées de la famille de la Cicurina et la Leptonidae, dont la dimension ne dépasse pas celle d’une tête d’épingle dans certains cas. «J’ai 200 à 300 cavernes d’expérience, c’est ça qui me permet de trouver ces petites espèces», indique M. Paquin.
L’expédition fut un véritable succès, puisque chacune des araignées recherchées a été trouvée et même plus encore. «Nous avons découvert des espèces qui n’avaient jamais été vues à l’âge adulte. Je ne m’attendais pas en a trouver autant», mentionne l’arachnologue, qui est, selon ses collègues, une sommité internationale dans le domaine. Pour les MM. Archambault et Provost, cette expédition a permis de tisser des liens humains très forts qui permettront sans doute de répéter de nouveau l’expérience à quelque part dans les profondeurs de la Terre.
(Photo: Jacques Pharand)
(Photo: Courtoisie)