Pour bien marquer la livraison de la résidence étudiante, Roch Tremblay, le directeur général du Collège Ahuntsic qui a piloté le dossier, a tenu à y dormir, dans la nuit du 3 au 4 juillet. (photo: Jacques Pharand)
La résidence étudiante est livrée trois semaines plus tôt
La résidence étudiante du Collège Ahuntsic, qui compte 429 chambres, a été livrée le 30 juin dernier, soit trois semaines avant la date prévue pour la fin des travaux. Les logements sont loués à 80% actuellement et les étudiants pourront prendre possession des lieux dès le 1er août, indique avec fierté Roch Tremblay, le directeur général du Collège qui a piloté le dossier et qui, tout récemment, a laissé sa place à son successeur à la direction générale.
Au cours de la semaine dernière, on s’affairait à meubler l’immeuble. Il restera le terrassement à terminer. Pour bien marquer l’événement, M. Tremblay a tenu à dormir sur place dans la nuit du 3 au 4 juillet. Installé au septième étage, il avait vue sur le Mont-Royal. «C’était aussi pour ma satisfaction personnelle», souligne-t-il.
«Ce fut un beau chantier, affirme-t-il. Nous n’avons eu qu’un seul pépin: une partie du sol était contaminée. Il nous a fallu excaver.» Quant au nombre de plaintes, il se résume à trois, selon M. Tremblay. «Et elles ont toutes été réglées», assure-t-il.
Autofinancement
Ce chantier de 17,4 millions $ dont le budget a été autorisé par le gouvernement du Québec, comprend la construction, les taxes (taxes de l’achat du terrain et taxe de bienvenue) ainsi que l’ameublement. «Tout est fourni: Cable, Internet, téléphone, poêle, réfrigérateur, micro-ondes, salles d’étude sur chaque étage, salle de musculation, salle de jeux, salle de cinéma-maison, etc. Les étudiants n’ont qu’à apporter leur literie et leur vaisselle», rappelle M. Tremblay. Ils ont également accès à un espace supplémentaire de rangement et à des supports à vélos. Aucune aire de stationnement n'a été prévue. Les étudiants possédant un véhicule devront utiliser le stationnement du Collège.
M. Tremblay réitère que le projet s’est concrétisé parce qu’il y avait un besoin et que «les logements sont offerts à de très bons coûts. Le projet est autofinancé, explique-t-il. Ce qui fait diminuer les coûts, c’est que le terrain appartient au Collège et que le prix du terrain n’est pas inclus dans le prix du logement. Le Collège, étant une institution publique, ne paie pas de taxes et nous ne prenons pas de profit sur la location des logements.»
Sur les 80% d’étudiants qui ont déjà réservé leur place, 70% d’entre eux sont des filles, relate M. Tremblay. Ceci s’explique par le fait qu’elles choisissent le Collège pour l’un de ses six programmes exclusifs dont ceux de Techniques de la santé, signifie-t-il.
Le premier critère pour obtenir une place à la résidence étudiante du Collège Ahuntsic, est d’être étudiant. Moins de 10% des étudiants ayant réservé une place étudieraient dans une autre institution mais ils auraient un frère ou une sœur qui y étudierait et qui résiderait à la résidence, note M. Tremblay.
«Nous avons voulu bâtir cette résidence pour donner la priorité aux jeunes qui viennent des régions pour étudier dans nos spécialités. Pour la première année d’opération, nous n’avons pas mis l’accent sur ce critère», précise-t-il. Par ailleurs, les résidents qui perdent leur statut d’étudiant ont le droit de partir ou de rester jusqu’à la fin de leur bail, ajoute-t-il.
Une page tournée
Rappelons que le conseil municipal de la Ville de Montréal entérinait, à l’automme 2006, l'échange de terrains entre la Ville et le Collège Ahuntsic, permettant ainsi à ce dernier d’aller en appels d’offres afin de construire sa résidence étudiante sur une partie du terrain du Complexe sportif Claude-Robillard.
Le Collège cédait donc une partie du terrain adjacent au Boisé de Saint-Sulpice (la friche) à la Ville de Montréal, gardant l'autre partie pour l'entreposage de la neige. Pour sa part, la Ville cédait au Collège une partie du terrain du Complexe sportif où étaient situés les terrains de tennis. Selon l’entente, ces derniers devaient être réaménagés. La Ville cédait ensuite le terrain acquis à l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville. Ainsi, la friche du Boisé était préservée.
Le Collège était en droit de construire sa résidence sur ce terrain adjacent au Boisé. «Le dossier a débuté il y a sept ans et cela aura pris cinq ans de négociations et de travail acharné afin d’en arriver à cet échange de terrains avec la Ville, se remémore M. Tremblay. «La page est tournée», répète-t-il, faisant référence à la levée de boucliers de citoyens qui ont voulu protéger la friche du Boisé, puis à celle de résidants du secteur, inquiets des impacts sur leur qualité de vie.
Un comité de liaison a été formé d’intervenants du milieu et de citoyens, tel que promis par la direction du Collège, avant la construction. Cependant, M. Tremblay relève que les deux citoyens qui y siégeaient ne se seraient présentés qu’à une réunion.
Ouverture officielle
L’ouverture officielle avec les étudiants en place, les élus et les partenaires est prévue pour le mois d’octobre. «On se promet une belle fête avec une activité portes-ouvertes pour la population», conclut M. Tremblay.
Pas tout à fait à la retraite
Roch Tremblay n’est pas tout à fait à la retraite. Il a obtenu un contrat à titre de conseiller auprès du nouveau directeur général ainsi que pour le conseil d’administration et le comité exécutif du Collège. Il entend également offrir ses services dans le secteur collégial qui pourrait bénéficier de son expertise.