Lors du passage de notre photographe, au début de la rencontre-débat sur la possibilité d'ouvrir une école ethnoculturelle à Montréal, une douzaine de participants étaient en discussion, dans les locaux du CUMAJ.
(photo: Maya d'Alarie)
Le projet d'école ethnoculturelle débattu
Ça discute au CUMAJ
Le Centre d'Union Multiculturelle et Artistique des Jeunes (CUMAJ), situé dans le quartier Ahuntsic, était l'hôte, récemment, d'une session de dialogue stratégique entre professionnels de l’éducation dans la Communauté Noire. Ils étaient plus d'une vingtaine, selon les organisateurs, à se joindre au groupe pour discuter de la possibilité d’ouvrir une école ethnoculturelle à Montréal, «mais non exclusive», précisent-ils.
Cette rencontre regroupait des enseignants, professeurs, intervenants sociocommunautaires, représentants d’églises protestantes et d’associations étudiantes, telle que l’Association des Étudiants Noirs de Mc Gill, ainsi que des professionnels enseignants issus de la communauté haïtienne de Montréal.
Dans un communiqué émis à l'issue de la rencontre, le CUMAJ explique que «majoritairement, le consensus de la rencontre était favorable à la possibilité d’une telle école, surtout au niveau d’un curriculum scolaire "afrocentriste", qui aurait pour but de surcontrer ce que plusieurs participants ont qualifié de "ségrégation académique" envers les contributions des Noirs au Québec, au Canada, dans le monde et dans les écoles de la province.»
Cette rencontre est une initiative collaborative à la série de discussions lancées par le Révérend Darryl Gray au Black Community Center de l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre- Dame-de-Grâce, et le président de la ligue des Noirs de Montréal, Dan Phillips, le but étant de poursuivre ce dialogue du côté francophone de la communauté Noire, précise-t-on.
«L’effet boule-de-neige de l’école Afrocentrique de Toronto, qui ouvrira ses portes en septembre 2009, semble gagner du terrain à Montréal. Depuis le mois de mars, plusieurs rencontres ont été organisées dans divers secteurs de la communauté Noire, tant anglophones que francophones, en vue de tâter le pouls sur la question», ajoute-t-on.
«L’objectif souhaité de cette rencontre est d’adresser la thématique auprès de divers professionnels de la communauté et au public général, dans l’optique d’un consensus, tout en prenant compte des divergences d’opinions sur le sujet. Ce consensus sera présenté ultérieurement, lors de débats éducatifs décisionnels portant la déposition d’une demande pour l’établissement d’une possible école ethnoculturelle, pouvant mieux encadrer les jeunes issus des communautés Noires de Montréal», conclut-on.
Autres rencontres et audience publique
Le Comité d’Organisation Local du Millions More Movement, co-hôte de la session du 19 avril, organisera deux autres rencontres dans le quartier Saint-Michel et le quartier Saint-François (Laval). Il y aura également un suivi de ce dialogue entre les professionnels de l’éducation, prévu le 3 mai prochain, dans le but de réunir les membres du secteur anglophone et francophone de la communauté.
Par ailleurs, une audience publique sera tenue par l’Association des commissions scolaires anglophones de Montréal, le 27 mai prochain, portant sur la question d’une école alternative, Focus School. (M.F.)
Le CUMAJ est un organisme communautaire dirigé par M. Fritzberg Daléus. Il dessert les jeunes de 30 ans et moins d'origines ethniques diverses et les parents. Inf.: 514 389-6644.
(photo: Maya d'Alarie)