Les membres de Maken Kozapo, Patrick Francke-Sirois, Charles Prénoveau-Giguère, Maxime Landry et Jean-Sébastien Massol.
(Photo courtoisie)
Le zèbre, un premier disque pour Maken Kozapo
«Faire un disque, c'était notre rêve depuis qu'on est ensemble. On n'arrivait pas à y croire il y a trois ou quatre ans», confie Maxime Landry. Ce que s'apprêtent à vivre les membres du groupe Maken Kozapo n'a plus rien d'un rêve. Le 7 avril à la Sala Rossa, ils procéderont au lancement montréalais de leur premier disque, Le zèbre.
Un grand moment pour les quatre résidants d'Ahuntsic, Patrick Francke-Sirois (guitare), Maxime Landry (voix, piano et guitare), Jean-Sébastien Massol (batterie) et Charles Prénoveau-Giguère (basse).
Ils sont âgés de 18 ans. La génération du téléchargement. À l'ère de la musique en ligne, à une époque où il ne se passe pas une semaine sans que l'on annonce la mort du support matériel, ils ont décidé de miser sur le CD. L'objet est important pour les membres du groupe. «On est des acheteurs de disques, souligne Patrick Francke-Sirois. On reste fidèle au CD. C'est complet, l'album.» Ces boulimiques, qui ont leurs habitudes chez le disquaire Le Rappel de la rue Fleury, là où l'on pourra notamment se procurer Le zèbre, aiment tout d'un disque : la musique, certes, mais aussi la pochette, les textes.
Les quatre étudiants du cégep Saint-Laurent, qui soit dit en passant ont remporté en février la finale locale de Cégeps en spectacle, sont tout de même de leur temps. L'album sera disponible en ligne.
Et l'objet est beau. On apprécie le disque avant même de le glisser dans le lecteur. Une pochette aux couleurs de la savane qui colle bien au titre. Au fait, pourquoi le zèbre ? «Ça nous décrit bien. On travaillait beaucoup la texture, explique Patrick Francke-Sirois. Le zèbre, le noir et le blanc, le contraste entre pop et alternatif, on est à cheval entre les deux.»
Peut-être aussi une influence inconsciente du prof de guitare de Patrick et Maxime, Jean-Marc Hébert, que le grand public a connu au sein du groupe Skalène. «Il nous a ouvert une autre dimension», explique Maxime, en évoquant l'univers des musiques du monde.
Pour Maken Kozapo, les choses se sont accélérées vers la réalisation d'un disque avec l'arrivée du batteur Jean-Sébastien Massol. Patrick parle de «changement important au niveau de notre son». «Il a amené des idées», dit-il. «De la couleur», ajoute Maxime.
Autopsie du matin ivre, Miss Parano, Désert d'enfer, Tango de blanc, le disque regroupe dix chansons. Une production relativement récente. «Il n'y a rien de plus vieux que l'automne 2006», signale Maxime Landry.
Chez Maken Kozapo, personne ne tire la couverture. Pas de problème d'ego. «Ce qu'on cherche, c'est la meilleure chanson possible», insiste Patrick. Paroles, musiques, tout le monde a son mot à dire. Et côté paroles, la formation continue de creuser son sillon en chantant en français. «Il y a toute une scène émergente du Québec, en français, qui se fait connaître en Europe», note Maxime.
Les membres ont joui dans ce projet d'une totale liberté artistique, ayant décidé de s'autoproduire. «Nous avons tout fait à la maison sauf le mix», indique Charles Prénoveau-Giguère, qui était aux commandes de la console. «En studio, ça nous aurait coûté 2 millions $ !»
Cette liberté de création comportait des risques, telle l'absence d'un regard extérieur sur le travail, mais le groupe a apprécié. «Ce n'est pas nécessairement facile, mais on est heureux. On assume le disque à 100 %. Tout ce qu'on veut, c'est en faire un deuxième, meilleur», laisse tomber Patrick. «On est très très fier de ce qu'on a fait, enchaîne Maxime. Les "poils qui dépassent", ce sont les nôtres. On est à l'aise avec.»
Ils ont reçu dans leur aventure un bon appui de la Société pour la promotion de la relève musicale de l'espace francophone, un regroupement «ouvert à tous ceux qui travaillent dans le secteur des musiques amplifiées, émergentes, alternatives et indépendantes». «Ils nous ont suivis. Ils nous ont poussés à nous surpasser. Ils nous ont donné un immense coup de main. On leur doit beaucoup», lance Maxime, qui souligne en particulier la collaboration de Cynthia Bellemare.
Les membres de Maken Kozapo semblent avoir trouvé une formule qui leur convient parfaitement. «De la façon dont on fonctionne, on pourrait faire un disque aux deux ans», croit Maxime Landry. Et ça pourrait arriver dans un horizon pas trop lointain. «Nous sommes déjà en train de composer de nouvelles chansons», dit-il.
On peut obtenir plus d'information sur le groupe Maken Kozapo au
www.myspace.com
(Photo courtoisie)