Lors de l'hommage rendu à la députée du comté fédéral d'Ahuntsic, Maria Mourani (notre photo), en présence de quelque 200 sympathisants, selon les organisateurs, l'ex-député du comté provincial de Crémazie et ministre, Jean Campeau, la conseillère du district de St-Sulpice, Jocelyn Ann Campbell et la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Courcy, ont pris notamment tour à tour la parole. (photo: Martin Alarie)
Mourani: Un mi-mandat dirigé dans l'action
Deux ans de mandat soulignés en grand, le 2 février dernier, avec quelque 200 sympathisants pour Maria Mourani, députée bloquiste du comté d'Ahuntsic. Celle qui croit fermement «faire beaucoup et avoir beaucoup à accomplir "même" dans l'Opposition», note-t-elle, relate son bilan de mi-mandat en précisant les actions qui en découleront.
D'entrée de jeu, Mme Mourani rappelle son engagement, tout comme celui de son parti, qui avait demandé la rétroaction des 3,9 milliards $ en supplément de revenus garantis auprès des aînés. Pour informer ces derniers de leurs droits de recevoir ce supplément, la députée avait effectué des envois collectifs dans tout le comté, avant les Fêtes, puis avant février. «D'autres actions, autres que la pétition et le dépôt de projet de loi s'en viennent», soutient-elle.
Criminalité et graffitis
C'était un engagement électoral: Tenir des forums de discussions et d'informations avec les organismes, les partenaires et les citoyens sur des sujets qui les préoccupent. Un deuxième forum, celui-là sur la prévention du crime a été tenu et un groupe d'action et de réflexion sur les graffitis a ainsi vu le jour.
«J'ai débuté mes actions en ce sens avec le projet de la peinture-murale (l'œuvre de l'artiste Imaginati, sur un mur d'un commerce). En février, il y aura envoi collectif pour informer des moyens de nettoyage offerts en collaboration avec la Ville et au printemps, il y aura un envoi spécifique aux entreprises sur les graffitis, explique-t-elle. Je veux également organiser une conférence avec un spécialiste des graffitis avec des représentants de commerces et d'entreprises sur le nettoyage ou le recouvrement des graffitis.» Elle souligne au passage que le prochain forum se tiendra cet automne et que le sujet sera dévoilé ultérieurement.
Délinquants dangereux et gangs de rue
Par ailleurs, on se souviendra que Mme Mourani a déposé à la Chambre des communes, quelques semaines avant les Fêtes, la pétition de quelque 5 000 signataires demandant au gouvernement fédéral d'adopter des mesures plus sévères avec les délinquants dangereux. Celle-ci, rappelons-le, est l'initiative de deux résidantes du quartier Ahuntsic, Sophie Gouin et Marie-Josée Vigneault, qui réagissaient à la libération du pédophile récidiviste Clermont Bégin en avril 2007. «Nous sommes toujours en attente du gouvernement conservateur. Je pense avoir une réponse d'ici deux semaines», précise-t-elle.
Criminologue et auteure d'un livre sur les gangs de rue «livre qui est fortement recommandé dans certains cégeps et universités», confie-t-elle, la députée rappelle les pressions exercées par le Bloc sur le gouvernement Harper pour que les 10 millions $ annoncés en novembre 2006 pour contrer les gangs de rue au Québec soient finalement versés en juin 2007, puis en janvier 2008, «sur le terrain». Celle qui a porté le chapeau de porte-parole adjointe en criminalité pour le Bloc, et qui maintenant, est porte-parole du Patrimoine, dit toujours porter deux chapeaux: «Je suis criminologue et je suis députée». C'est pourquoi elle continue de prononcer des conférences de prévention sur les gangs de rue et sur les fraudes envers les aînés, par exemple.
Elle s'attaque également à la cybercriminalité ainsi qu'à la traite des personnes. Dans ce dernier cas, à la suite d'un rapport, elle entend, avec ses collègues, en faire un projet de loi sur la prostitution dans quelques mois.
Un deuxième livre sur les gangs au Canada
La criminologue planche «à temps partiel» sur un deuxième livre, qui devrait être publier en 2009. «J'y traite de la situation des gangs de rue au Canada. Il y a une mondialisation des gangs de rue. Il faut connaître tout se qui se passe au Canada, affirme-t-elle. Saviez-vous qu'à Toronto, par exemple, il y a 150 gangs de rue? questionne-t-elle. Le groupe MS13, un groupe très violent, présent à Toronto, est en train de regarder s'il peut faire de la business à Montréal! Il faut aussi se pencher sur la déportation des membres de gangs dans leur pays…c'est un danger pour nous. On me dit que j'exagère. Je dis qu'il faut les surveiller, les contrôler parce que lorsqu'on les renvoie chez-eux, ils reviennent chez-nous plus forts avec des contacts plus puissants», soutient-elle.
Emplois étudiants
Un autre dossier qui a marqué l'année 2007 est celui des menaces de coupures dans l'aide financière accordée dans le cadre du programme Emplois été Canada. Celles-ci ont monopolisé les énergies de la députée qui a rassemblé les forces vives du comté pour protester, tout comme ses collègues du Bloc Québécois. «Les pressions ont été incroyables et nous avons gagné notre point. Il n'y aura aucune coupure cette année. Le gouvernement Harper a fait marche arrière», lance-t-elle fièrement.
Patrimoine et fait français
Plus largement, à titre de porte-parole du Patrimoine, Mme Mourani dit surveiller de près l'application de la loi 101. Co-fondatrice du mouvement Montréal français, elle rapporte que d'autres actions sont prévues au cours des prochains mois.