Jusqu’à cette semaine, la mairesse Marie-Andrée Beaudoin affirmait ne pas être au courant de plaintes pour harcèlement psychologique déposées par ses employés. (Photo: Martin Alarie)
Frères ennemis
Des tensions entre les employés d’Ahuntsic-Cartierville
Alors que la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Marie-Andrée Beaudoin, a déclaré à plusieurs reprises ne pas être au fait d’une situation de harcèlement au sein de son personnel, le Courrier Ahuntsic a obtenu copie de plaintes déposées à la Commission des normes du travail à la fin 2007, de même que de lettres anonymes indiquant l’existence de tensions entre les employés de l’arrondissement.
Mardi, la mairesse affirmait n’avoir eu vent de plaintes pour harcèlement au travail que la semaine dernière, et n’avoir aucun commentaire à faire sur le sujet, d’autant plus que la question relève selon elle d’un dossier légal, puisque «M. Labrecque s’apprête à nous poursuivre», a-t-elle évoqué.
Pourtant, d’après des documents dont nous avons obtenu copie, des plaintes avaient été déposées bien avant. Daniel Labrecque, le cadre congédié la semaine dernière, avait en effet déposé une plainte pour harcèlement psychologique le 23 novembre 2007 – soit une semaine après sa suspension. Un autre employé avait déposé une plainte similaire le 10 décembre.
Dès la mi-janvier, lors du premier conseil d’arrondissement de l’année, Mme Beaudoin avait été interrogée sur le sujet et avait affirmé n’être au courant de rien. Mais, à en croire une lettre adressée à la mairesse le 1er octobre 2007, les tensions ne datent pas d’hier.
La chef de l’opposition officielle et conseillère de Bordeaux-Cartierville Noushig Eloyan se dit peu informée des cas de harcèlement. Mais une chose est sûre selon elle: il règne un «malaise profond» au sein du personnel de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. «Si la mairesse n’est pas au courant, soit qu’elle a fermé les yeux, soit qu’elle n’est pas la bonne personne pour être là», affirme Mme Eloyan.
L’opposition continue à réclamer le rapport d’enquête dont les conclusions auraient motivé le congédiement de M. Labrecque, et des éclaircissements sur la résiliation du contrat de l’ex-directeur d’arrondissement Éric Lachapelle. Mme Eloyan considère les raisons invoquées par la mairesse comme insuffisantes et vagues, et croit fermement qu’il y a un lien entre les deux départs.
La mairesse a refusé de divulguer le contenu du rapport d’enquête sur M. Labrecque afin de respecter la confidentialité du dossier de l’employé. Le directeur de l’arrondissement, Réjean Durocher, a toutefois indiqué lors du conseil de lundi que les motifs du congédiement de M. Labrecque seraient révélés éventuellement.