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«J'ai toujours voulu soigner les âmes et les corps»

– Soeur Madeleine Saint-Michel

André Desroches par André Desroches
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Article mis en ligne le 8 février 2008 à 11:02
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«J'ai toujours voulu soigner les âmes et les corps»
Soeur Madeleine Saint-Michel (Photo : Jacques Pharand)
«J'ai toujours voulu soigner les âmes et les corps»
– Soeur Madeleine Saint-Michel
Créée en 1992, la Journée mondiale des malades est célébrée chaque année le 11 février. Pour soeur Madeleine Saint-Michel, religieuse Hospitalière de Saint-Joseph, se soucier des malades n'est pas l'affaire d'une seule journée. «J'ai donné ma vie pour les malades», dit-elle. Récipiendaire du Prix Carrefour édition 2007 remis par le Carrefour Humanisation-Santé, c'est à elle que l'on doit la création du Service d'accompagnement spirituel des personnes malades et des personnes âgées à domicile (SASMAD) du diocèse de Montréal.

«Elle a une obsession pour les personnes malades, les personnes âgées», glisse avec un sourire Benoît Voyer, coordonnateur du SASMAD de la région Nord du diocèse.

Le Prix Carrefour est remis à une personne «qui fait preuve de leadership dans une activité, un programme ou un projet susceptible de servir d’exemple au respect de la dignité de la personne; qui apporte une contribution particulière au secteur de la santé dans un contexte de reconnaissance des valeurs spirituelles».

«J'ai toujours voulu soigner les âmes et les corps, confie soeur Saint-Michel, qui a fait ses études en soins infirmiers. Un corps tout seul, ça n'existe pas.»

À l'Association d'entraide Ville-Marie, laquelle offre des soins palliatifs aux personnes atteintes de cancer qui désirent vivre à domicile la dernière étape de leur vie, sœur Saint-Michel a été témoin de souffrance, de solitude. «Ça n'a pas de bon sens. Ce n'est pas humain de mourir seul», lance-t-elle. Elle a aussi pu observer la «souffrance du personnel qui n'a pas le temps d'écouter, pas le temps de prendre le temps. Les besoins sont tellement grands, mais les moyens tellement limités.»

En 1993, devant les besoins spirituels exprimés par les personnes malades, elle frappe à la porte du cardinal de l'époque, Paul Grégoire. «Je voulais un prêtre», explique-t-elle. Une denrée rare, comme on sait. Les effectifs sont à la baisse. Débordés, les prêtres ont de plus en plus la charge de plusieurs paroisses.

Qu'à cela ne tienne, «on va prendre des bénévoles», décide la religieuse.

Et c'est comme ça qu'elle a mis sur pied un service gratuit d’accompagnement spirituel et/ou religieux destiné aux malades à domicile. «Un projet de fous, un projet de foi !», dit-elle. Aujourd'hui, 85% des personnes malades sont soignées à la maison, rappelle sœur Saint-Michel. D'où le besoin d'un service à domicile. «Je n'aime pas le mot "visionnaire", mais j'ai compris que ça s'en venait.»

«Il y a un cri dans notre société, constate Benoît Voyer. Il y a une urgence. On est là pour y répondre.»

La première paroisse où l'on a offert le service, qui est dispensé dans plusieurs langues, est celle de Saint-Jude, dans le quartier Ahuntsic, se souvient sœur Saint-Michel. Dès le lancement, une vingtaine de personnes y ont fait appel.

Une préoccupation dès le début : comment assurer la pérennité du service ? «Les besoins seront toujours là. Comment faire pour avoir toujours de l'argent ?», se demande sœur Saint-Michel. De l'argent pour, notamment, embaucher les spécialistes qui donnent de la formation aux bénévoles. La religieuse a mis sur pied une fondation, Les amis de Jeanne-Mance, grâce à un appui important des communautés religieuses. «Sans les communautés, nous n'aurions rien pu faire.»

Aujourd'hui, le service est rendu possible grâce à l'engagement de 650 bénévoles, dont une centaine dans la région Nord. Dans le diocèse de Montréal, on effectue environ 1800 accompagnements par année. Dans la région Nord, quelque 250 malades bénéficient du service, précise Benoît Voyer.

Après 15 ans, quel est le grand défi du SASMAD ? «Maintenir la qualité du service, estime sœur Saint-Michel. Qu'il ne devienne pas autre chose. D'autres types de services, il y en a. Nous ne sommes pas là pour faire de la psychologie. Nous ne sommes pas des travailleurs sociaux.»

Il y a aussi le besoin constant de bénévoles, souligne-t-elle. «J'aimerais que les gens sachent qu'ils peuvent être utiles en s'engageant au nom de leur foi, de leur humanisme.»

Pour toute information sur le service d'accompagnement, on appelle au 514 274-8231.
Signalons qu'une messe sera célébrée à l'occasion de la Journée mondiale des malades. Enregistrée le 9 février à 16h au sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs (5875, Sherbrooke Est), cette messe sera présentée dans le cadre de l'émission le Jour du Seigneur diffusée sur les ondes de Radio-Canada le 10 février à 10h.

(Photo : Jacques Pharand)

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