Pour Mme Marie-Jeanne Bérubé, il n'est pas question d'attendre encore des mois. Non-voyante et utilisant un chien-guide depuis 25 ans, cette résidante du quartier depuis 47 ans se dit humiliée de ne plus pouvoir se déplacer seule, avec son chien, qui ne peut la guider qu'en ligne droite. (photo: Martin Alarie)
Prieur/Taché: la pétition passe de 300 à 840 signataires
En une semaine, la pétition de citoyens demandant le retrait du «mur de béton» à l'angle des rues Prieur et Taché, est passée de 300 à 840 signataires. Son dépôt, lundi dernier, au conseil d'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville n'a toutefois pas fait reculer ce dernier dans sa décision de tester cette mesure d'atténuation pendant une période de trois à six mois.
Le directeur de l'arrondissement par intérim, M. Réjean Durocher, rappelle que dans ce type de dossier, «on est en mode essai. Nous tentons de mettre en place des mesures qui vont répondre à l'ensemble des préoccupations des gens. Pour l'instant, nous voulons jauger des avantages et désavantages de cette mesure (le muret de béton en diagonale). Nous allons en discuter au cours d'une réunion qui se tiendra dans quelques jours avec les différents services concernés.»
Par ailleurs, M. Durocher précise que, parmi les signataires de la pétition initiée par M. Rolland Marques et Mme Marie-Jeanne Bérubé, tous deux résidants de la rue Prieur, on retrouve plusieurs noms de résidants du secteur, qui, précédemment, avaient milité pour l'instauration de mesures d'atténuation sur la rue Prieur, afin de freiner le trafic de transit.
Rappelons que plus de 150 citoyens ont participé au processus amenant à l'élaboration de l'étude de circulation de transit et des mesures d'atténuation, étude colligée par l'arrondissement, la Ville de Montréal et le ministère des Transports. Plusieurs consultations publiques ont été tenues sur le sujet.
Le conseiller du district de Sault-au-Récollet, Jean-François St-Onge a réitéré, une fois de plus, qu'après la période d'essai, s'il y avait des ajustements ou des correctifs à apporter, ce sera fait. Il a fait appel à la patience des citoyens.
Ghetto
Pour Mme Bérubé, il n'est pas question d'attendre encore des mois. Non-voyante et utilisant un chien-guide depuis 25 ans, cette résidante du quartier depuis 47 ans se dit humiliée de ne plus pouvoir se déplacer seule, avec son chien, qui ne peut la guider qu'en ligne droite. «Avec ce mur, on nous a mis dans un ghetto, nous, les résidants», estime-t-elle.
«Je n'aime pas la confrontation. Mais s'il le faut, je vais me battre pour retrouver mon autonomie et ma dignité, lance-t-elle. Ce que les élus font, c'est inacceptable.» Elle songe à porter plainte aux Droits de l'Homme. D'autres moyens sont aussi envisagés.
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