Une mémoire vivante
Alors que le vieillissement de la population et la maladie d’Alzheimer constituent des préoccupations pour bon nombre de Québécois, Guillemette Isnard fait paraître Survolter sa mémoire, un guide comprenant des exercices et des outils visant à améliorer la mémoire.
«La mémoire est une compagne de vie plutôt qu’une fonction. Elle a des hauts et des bas. Il ne faut pas répondre au trou de mémoire par la panique, mais plutôt par l’observation », souffle Mme Isnard.
L’Ahuntsicoise a consacré une bonne partie de sa vie adulte à l’étude de la mémoire. Étudiante en neurobiologie en France, elle a par la suite développé sa propre conception de la mémoire. Elle réside à Montréal depuis 25 ans et a acquis une vaste expérience sur le terrain, notamment par l’entremise des conférences, ateliers et consultations privées. Elle propose, entre autres, des séminaires avec l’Université du troisième âge de l’Université de Sherbrooke.
Pour Mme Isnard, la mémoire est une fonction vivante. Elle présente dans son guide sa conception de la mémoire: «un enchevêtrement de mémoires, certaines accessibles à la conscience, d’autres inconscientes, certaines nées de notre passé, d’autres survenues bien avant que nous existions», écrit-elle.
Selon l’auteure, il s‘agit de multiples mémoires qui ne constituent pas seulement le rappel du passé, mais aussi une façon d’aborder l’avenir. La mémoire permet alors de faire un voyage en soi. «Par la mémoire, on touche à une autre dimension de l’humain, à son identité. On se rend compte à quel point la mémoire et la personnalité sont liées. À travers la mémoire, les gens voient parfois ce qui ne va pas dans leur vie. C’est une autre façon de travailler sur soi.»
Améliorer sa mémoire
«Le pire ennemi de la mémoire, c’est la mémoire elle-même. Elle peut parfois être encombrée et ne pas nous donner pleine satisfaction», explique Mme Isnard.
L’une des premières étapes mises de l’avant par l’auteure est un exercice de présence. «Il faut se rappeler que la mémoire commence dans la disponibilité et la concentration».
Elle propose donc des outils afin de développer une meilleure écoute et pour améliorer sa concentration. «J’ai coutume de dire qu’en changeant certaines attitudes dans notre vie, on peut voir une amélioration de notre mémoire», signale l’auteure en précisant qu’il faut faire la différence entre des troubles de mémoire et un problème d’attention ou de stress. «Un oubli à 70 ans peut être un signe de distraction. Il faut dédramatiser, ce n’est pas nécessairement un signe de la maladie d’Alzheimer».
En publiant Survolter sa mémoire, Mme Isnard entend rassurer les gens qui sont notamment confrontés à des problèmes de mémoire. «Un trou de mémoire, ce n’est pas nécessairement un signe de la maladie d’Alzheimer. C’est peut-être un choix personnel. Ne pas se souvenir, des fois c’est un instinct de défense. Il faut apprendre à ouvrir sa mémoire pour faire de nouveaux apprentissages».
Outre des exercices pour améliorer sa mémoire, le guide de Mme Isnard constitue aussi une réflexion sur le comportement de la mémoire. «La peur de perdre la mémoire, c’est la peur de se perdre soi-même, de perdre son identité. C’est de mourir et de n’être plus là. Cette peur éveille des questions existentielles», confie-t-elle.