Lors de la cérémonie de recueillement, l'on reconnaît, à gauche, l'élève de 5e secondaire qui a écrit le texte, Katia Habra, pendant la lecture de celui-ci.
(photo: Jacques Pharand)
Au Mont-Saint-Louis, on se souvient
Le Jour du souvenir ne passe jamais inaperçu au Collège Mont-Saint-Louis. Le 9 novembre dernier, la cérémonie officielle, empreinte d'émotion, a rallié les 1 400 âmes des élèves de l'institution privée. Un texte, «message venant du cœur», écrit par Katia Habra, une élève de la 5e secondaire (à gauche), a été lu. Il en a fait pleurer plus d'un, relève la direction.
Texte de Katia Habra
Nous publions le texte intégral de cette élève:
«Au Mont-Saint-Louis, on se souvient. Peu d’institutions d’enseignement au Québec peuvent retracer de profondes cicatrices des deux premières guerres mondiales dans leur histoire à l’insu du Collège Mont-Saint-Louis. Il y a de cela quelque 89 ans, l’un des conflits les plus dévastateurs de l’histoire de l’humanité a pris fin suite à l’armistice signé à la 11e heure du 11e jour du 11e mois de l’an 1918. Mais cette infâme guerre a entraîné avec elle plus de 8 millions de morts, dont près de 60 000 Canadiens et 29 élèves du Collège Mont-Saint-Louis.
Comment expliquer alors que, quelque 20 ans plus tard, un second conflit, encore plus destructeur, est venu chambouler le monde entier, à peine remis des conséquences de la Grande guerre ? Pourquoi l’Homme est-il incapable d’apprendre de ses erreurs, persistant plutôt à user de barbarie et de tyrannie pour dicter sa volonté auprès de quiconque lui semble plus faible ? Cette Seconde guerre mondiale, elle aura fait plus de 60 millions de morts, dont 50 000 Canadiens et 25 élèves de notre respectable institution.
Vous savez, l’autre jour, une réalisation percutante m’est venue à l'esprit : j’ai compris que ces braves combattants du Mont-Saint-Louis, sur qui une telle responsabilité, à la fois fatale et inimaginable, soit celle de défendre leur patrie, a incombé, étaient âgés de 17, 18, peut-être 19 ans. C’est comme si, du jour au lendemain, on demandait à mes amis et mes compagnons de classe de tout quitter afin de porter les armes et le drapeau canadien et se battre dans un pays étranger. Je ne peux me résoudre à y croire.
Pourtant, à l’heure actuelle, des guerres et des conflits ont lieu un peu partout dans le monde, d’un continent à l’autre. Que ce soit au Darfour, en Corée, au Moyen-Orient, en Irlande du Nord ou dans certains pays sud-américains, des enfants, des civils et des soldats décèdent à chaque jour. Et notre patrie n’est guère une exception. Présentement près de 2 500 effectifs militaires canadiens sont éparpillés en Afghanistan, instigateurs d’une mission de paix qui, parfois, semble s’éterniser. Ainsi, depuis 2002, 71 soldats canadiens y ont perdu la vie. Aujourd’hui, prenons le temps de saluer leur héroïsme.
Le Jour du souvenir, c’est bien plus que le rappel des bilans des deux premières guerres mondiales. Le Jour du souvenir, c’est plutôt le douloureux regard sur une planète en proie aux pires atrocités. Le Jour du souvenir, c’est se remémorer que, peu importe notre classe sociale, notre nationalité, notre religion ou notre sexe, nous avons tous une responsabilité sociale, un devoir envers les millions, voire les milliards de victimes ayant rendu l’âme au champ d’honneur.
Notre obligation est de faire en sorte que tous ces sacrifices n’ont pas eu lieu...en vain.»