L’invitation au voyage
Anne Thérèse Le Blanc publie
Valsant entre rencontres amoureuses et descriptions de voyages, le récit Carnets d’une femme étrange (Éditions Humanitas), d’Anne Thérèse Le Blanc, invite le lecteur à prendre le large.
Anne Thérèse Le Blanc, qui a publié en 2002 le récit La belle à Mésy, a puisé dans des archives personnelles abondantes pour ce second ouvrage. L’auteure a plongé dans ses notes regroupées dans une centaine de dossiers. «Je prenais des notes sur tout», explique-t-elle.
Femmes de lettres, elle a dépoussiéré une généreuse correspondance. «J’adore le courrier, les lettres, confie-t-elle. J’ai conservé des milliers de lettres.» Enfant déjà, âgée d’à peine 13 ans, elle faisait parvenir à une cadence effrénée des lettres à son frère parti combattre en Europe durant la Deuxième Guerre mondiale. «Plus d’un millier », se souvient-elle.
«Carnets d’une femme étrange parle de ma vie. Des rencontres avec les hommes. Comment les choses ont tourné», raconte l’Ahuntsicoise. L’étrangeté dont il est question dans le titre «court tout au long du livre comme un fil», dit-elle.
Le récit traite pour beaucoup d’une soif de voir le monde qui a amené cette femme native de la Gaspésie à poser ses valises dans bien des villes et des pays depuis ce premier voyage effectué avec ses parents à Québec, en 1940, à l’âge de 13 ans.
Toute jeune, Anne Thérèse Le Blanc se passionnait pour la géographie et l’histoire. À l’âge de 11 ou 12 ans, elle lisait avidement les annales des missionnaires Oblats de Marie Immaculée, rêvant à la lecture de leurs aventures dans le Nord canadien.
«Les voyages se sont tissés au travers de ma vie», dit-elle. Depuis Québec, il y a 67 ans, Anne Thérèse Le Blanc a ajouté pas mal de kilomètres au compteur, découvrant, entre autres, la Chine, le Mexique, l’Autriche, la Grèce, la Tunisie, le Portugal, la Grande-Bretagne, Paris, Rome, Naples, l’Égypte, le pays visité qu’elle préfère entre tous. «Il n’y a rien pour dépasser les pays d’Orient; la couleur de la terre, du sable!», s’exclame-t-elle.
Un chapitre rappelle par ailleurs qu’un certain été 1967, il n’était nul besoin de quitter Montréal pour découvrir le monde, le monde étant venu à nous à l’occasion de l’exposition universelle. «C’est un "poème" qu’on a eu, cet été-là», se remémore Anne Thérèse Le Blanc.
Rouvrir la boîte aux souvenirs pour l’écriture de Carnets d’une femme étrange a provoqué un effet chez Anne Thérèse Le Blanc. «Un effet inattendu, dit-elle : cela m’a redonné un terrible goût du voyage.» Le goût de revoir des endroits, précise-t-elle. C’est ainsi qu’elle est retournée en Angleterre, en septembre dernier. Qu’elle a remis les pieds au British Museum, tout comme en 1977, pour, comme elle le dit, «revoir ce service à dîner en argent du temps de l’Empire romain et ces pièces d’or datant de la guerre des Deux-Roses».
(Photo: Martin Alarie)
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