Dans le cas du scénario d’ouverture d’un nouvel accès, «cela impliquait la coupe de plusieurs arbres. Avec le recul, et en fonction de notre plan de développement durable, ce scénario était inacceptable», admet le conseiller municipal du district d'Ahuntsic, M. Pierre Lapointe. (photo: Jacques Pharand)
Sophie-Barat:Un accès qui sera sécurisé
D’ici la fin de l’automne, l’accès au stationnement du Centre sportif Sophie-Barat par l’avenue Saint-Charles sera sécurisé par l’entremise de mesures entreprises d’un commun accord entre la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, ont confirmé tour à tour la présidente et commissaire du quartier scolaire, Diane De Courcy et le conseiller municipal du district d’Ahuntsic, M. Pierre Lapointe, tous deux impliqués depuis 2003.
Les mesures qui seront adoptées dans ce cinquième et nouveau scénario de solutions comprennent la mise en place imminente d’un agent de sécurité, «embauché par l’arrondissement et dont le salaire sera payé à parts égales par l’arrondissement et la CSDM. Il sera en poste sept jours sur sept», explique M. Lapointe. «Nous envisageons également la possibilité d’installer une guéritte», ajoute-t-il. Quant à la fluidité de la circulation, ça ne l’inquiète pas. «Nous ne prévoyons pas de problématique de bouchon de circulation sur l’avenue. Au contraire, l’agent de sécurité s’avère un gros morceau pour le retour au calme sur cette avenue», plaide-t-il. «Les gens de l’église des Maronites n’utiliseront plus le stationnement du Centre sportif. Nous allons essayer de leur offrir du stationnement à l’Annexe de Sophie-Barat. Aussi, pour les accommoder, nous sommes en discussion avec l’AMT (Agence métropolitaine de transport) pour qu’ils puissent utiliser de 100 à 200 places de stationnement au métro Cartier, de l’autre côté du pont, relate le conseiller. Nous examinons à l’arrondissement la possibilité d’autoriser le stationnement sur le boul. Gouin, côté sud, seulement la fin de semaine et nous regardons aussi sur le boul. Henri-Bourassa ce qui pourrait être fait pour ajouter du stationnement.»
M. Lapointe indique que du marquage au sol sera effectué sur l’avenue, «en principe, d’ici la mi-octobre». Il y aura également implantation de dos d’âne et de bacs à fleurs pour ralentir la circulation et les autorités policières seront aussi mises à contribution. Cette semaine, l’arrondissement effectuera du comptage.
«Nous ne voulons pas déplacer le problème dans une autre rue. Nous arrivons dans le règlement le meilleur, dans les circonstances», assure-t-il.
Accès par Gouin non viable
M. Lapointe rappelle que le conseil d’établissement de l’école secondaire Sophie-Barat s’objecte formellement à autoriser quelque circulation que ce soit sur le campus. Position qui a obtenu l’appui de la présidente de la CSDM, Mme Diane De Courcy. «Nous appuyons de façon claire la position de Mme De Courcy», affirme le conseiller qui partage le suivi du dossier avec le conseiller du district de Sault-au-Récollet, M. Jean-François St-Onge, depuis le redécoupage des districts électoraux.
Interrogé sur la possibilité de mettre en application l’un des quatre scénarios qui avaient été envisagés au départ, si Mme De Courcy avait fait fi de la position du conseil d’établissement, dont celui d’ouvrir un nouvel accès par le boul. Gouin, en axe à Georges-Baril (solution proposée par les résidants depuis le début et par les services municipaux), M. Lapointe soutient que «chacune des options avait ses avantages et ses inconvénients.» Dans le cas du scénario d’ouverture d’un nouvel accès, «cela impliquait la coupe de plusieurs arbres. Avec le recul, et en fonction de notre plan de développement durable, ce scénario était inacceptable», admet-il. «Rappelez-vous le tollé qui a été déclenché par des citoyens lorsqu’il y a eu des travaux dans le boisé», donne-t-il en exemple. «Et, puis, c’est une zone patrimoniale», ajoute-t-il.
Pour la présidente de la CSDM, le cinquième scénario présenté aux résidants de l’avenue Saint-Charles, lors de la réunion de lundi dernier avec des représentants du conseil d’établissement de l’école et de l’arrondissement, permettra de donner des résultats quant à la sécurité sur l’avenue et sur le campus. «J’ai demandé qu’une réévaluation des mesures soit effectuée dans six mois, précise Mme De Courcy.
Cette réunion avait été convoquée à la demande de Mme De Courcy, à la suite de la rencontre du 20 juin dernier entre les citoyens concernés et différents intervenants au dossier. Les résidants avaient manifesté leur désir d’exprimer leurs doléances et leur point de vue aux membres du CE, directement. «Le CE a décidé d’y envoyer des délégués. S’il s'y dégageait des éléments nouveaux de la rencontre, ils avaient le mandat de réévaluer. À la lumière de ce qu’ils ont entendus, il a été conclu qu’il n’y avait pas de raison de changer la position du CE», note Mme De Courcy en mentionnant que les membres du CE étaient bien au fait du dossier, et ce, avant la dite rencontre qui a duré quelque trois heures. La présidente réitère que techniquement, elle aurait pu décider seule de ce qu’il aurait fallu faire ou non sur le campus. «Mais ce n’est pas ma manière de travailler. Je travaille avec les différents intervenants», en répétant que le dossier n’était pas son «unique responsabilité».
Aviser et subir
L’une des porte-parole des résidants, Mme Isabelle Girard, rapporte leur immense déception à la suite de cette rencontre. «Ils ne nous ont pas écoutés et entendus», soutient-elle. «Nous avons eu le sentiment que tout était décidé d’avance», lance-t-elle, excédée. «On va encore aviser et subir. On va encore filmer ce qui se passe dans le stationnement», poursuit-elle, en indiquant que lors des journées d’inscriptions sportives, «c’était le désordre. Ça débordait de partout.»
Résidante de l’avenue depuis 30 ans, ayant acheté la maison familiale, elle a connu cette avenue alors qu’elle était à sens unique et qu’il y avait une entrée piétonnière. «La Ville a accepté une dérogation pour faire l’entrée actuelle. La Ville et la Commission scolaire n’ont pas pensé que le tout grossirait autant», estime-t-elle.
Maison des Arts et des Lettres
Quant aux craintes face à l’achalandage que pourrait susciter la fréquentation de la future Maison des Arts et des Lettres, M. Lapointe n’a pas voulu s’avancer sur ce point, laissant sous-entendre qu’on y verrait en temps et lieu.