Le dévoilement d’une création collective a été l'une des nombreuses activités des festivités de la journée. (photo: Courtoisie)
«Aujourd'hui, je lis et j'écris»
L'alphabétisation des adultes, c'est possible
Le Centre de ressources éducatives et communautaires pour adultes (CRÉCA) a souligné la journée internationale de l’alphabétisation, consacrée le 8 septembre, en rendant hommage aux adultes participant à leur formation de base en français et en mathématiques. Ils sont au nombre de 78 à avoir choisi de prendre le temps d’augmenter leurs compétences face à l’écrit et d’autres peuvent s’y joindre car trois nouveaux groupes commenceront sous peu.
«Il n’est pas facile de prendre la décision de retourner aux études; il y a tant d’obstacles à relever: la garderie à trouver, la baisse de revenu, le transport, le changement de routine, etc. Dans le cas d’une personne éprouvant des difficultés d’apprentissage, ce retour aux études est encore plus difficile», explique Mme Claude Appleman, directrice du CRÉCA.
C’est dans une atmosphère de fête que s’est déroulé l’hommage aux participants : applaudissements, vidéo, toasts et le dévoilement d’une création collective, un collage comportant l’écriture de tous les participants. Au milieu de cette création exposée au CRÉCA nous pouvons y lire : Aujourd’hui, je lis et j’écris. «Elle se veut un rappel que la lutte à l’analphabétisme commence par soi. En lisant et en écrivant à tous les jours et en invitant nos proches à faire de même, nous augmentons nos compétences et, par ricochet, notre qualité de vie», souligne-t-elle.
Selon les données du Portrait de la population de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville (2001), 14% de la population du quartier Ahuntsic n’ont pas atteint la neuvième année scolaire ce qui correspond à 10638 personnes, et selon l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes, 2003, c’est environ 8350 personnes du quartier qui n’ont pas atteint le niveau 1 en littératie. Cette mesure fait référence à la capacité des personnes à comprendre et à utiliser dans leur vie courante, l’information écrite publiée sous diverses formes (mode d’emploi, journal, formulaire, bulletin de vote, livre, horaire télé, carte géographique, etc.
Il existe cinq niveaux de compétence. Les personnes qui sont de niveau 1 éprouvent de sérieuses difficultés en lecture, en écriture et en calcul. Les conséquences sont grandes sur leur vie familiale, sociale et personnelle.
Reconnaître et aider
«Nous, qui avons la chance de lire et de comprendre aisément tous les écrits qui nous entourent, avons la responsabilité sociale d’encourager ceux qui n’ont pas cette même facilité», affirme Mme Appleman.
«Pour reconnaître une personne ayant besoin de formation de base, il faut d’abord ne pas exclure la possibilité que cela soit un parent, un ami ou un voisin. Vous pouvez lui faire lire ces quelques lignes et en vérifier sa compréhension. Si elle a de la difficulté, cherchez-en la cause avec elle : est-ce pour une raison de mauvaise vision, de manque de pratique ou de connaissance?»
Des trucs pour détecter
Soyez à l’écoute des messages que la personne vous envoie tels que : « Moi, je me fie aux premières lettres des mots et je devine le reste. L’autre jour, je me suis trompé de station de métro. Je voulais me rendre à station Henri-Bourassa et je me suis rendu à la station Honoré-Beaugrand. », «J’ai de la difficulté à lire et écrire. Je me trompe souvent. Et cela me coûte cher», « Dans un formulaire, je suis capable d’écrire mon nom et mon adresse. Mais pour le reste des questions, ça devient trop difficile. »
Elle a peut-être besoin de formation. Encouragez-la à aller au CRÉCA qui lui proposera des services selon ses besoins. Cet organisme sans but lucratif est situé au 10770, rue Chambord. Son numéro de téléphone est le 514-596-7629.