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Un échange gagnant/gagnant

Mentorat entre aînés retraités et nouveaux arrivants

Article mis en ligne le 12 juillet 2007 à 13:16
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Un échange gagnant/gagnant
À l'heure du bilan de la première année de ce projet pilote, les initiateurs de ce dernier et les participants étaient fiers des résultats, présentés notamment en présence de la députée fédérale d'Ahuntsic, Mme Maria Mourani et de la mascotte de la Promenade Fleury, Fleurimon. (photo: Martin Alarie)
Un échange gagnant/gagnant
Mentorat entre aînés retraités et nouveaux arrivants
Le premier projet pilote de mentorat entre aînés retraités et nouveaux arrivants, mis de l'avant par l'association Au rendez-vous des cultures, située dans le quartier Ahuntsic, s'est avéré positif pour les deux parties: 36 jumelages professionnels ont été réalisés dont 33% l'ont été autour de mêmes qualifications.
Les résultats répondent aux objectifs que l’association s’était fixés, a expliqué la directrice, Mme Fatima Ladjadj lors de la présentation du bilan. «Le projet a impliqué près d’une trentaine d’aînés bénévoles qui ont fait profiter les nouveaux immigrants de leur expérience personnelle. Un gain de temps appréciable», a-t-elle précisé.

Ce projet lancé en avril 2006 en partenariat avec le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles dans le cadre du PARCI (Programme d’appui aux relations civiques et interculturelles) avait pour objectif essentiel d’accompagner les nouveaux arrivants francophones scolarisés dans leur processus d’insertion dans la société d’accueil. Il s’adressait aux nouveaux arrivants qui souhaitaient avoir une relation privilégiée avec un aîné, homme ou femme, pour apprendre sur le Québec, ses valeurs, ses façons de faire et son histoire.
Tremplin et insertion
Certains nouveaux arrivants l’ont utilisé comme un tremplin pour décrocher leur premier emploi. Nachid Ziani, ingénieur en géologie, insiste sur le fait que«le projet constitue une bonne étape pour intégrer la société d’accueil.» Cet universitaire a beaucoup appris auprès de son mentor et l’a trouvé très méthodique et organisé mais il aurait souhaité que le projet soit davantage axé sur l’insertion en emploi.
D’autres, au contraire, considèrent ce projet comme un moyen d’amortir les premiers chocs culturels que vivent nombre d’immigrants à leur arrivée au Québec et de se constituer un réseau de contacts à moyen et long terme. Nadia El Manira vit à Montréal depuis 9 mois. Elle était informaticienne de gestion au Maroc. Elle trouve que son mentor, même s’il n’a pas le même profil, lui a été d’un grand apport : « Il m’a enseigné la façon de communiquer dans le milieu de travail et les codes de vie. Il m’a appris quoi faire et ne pas faire. »
Rapprochement
L’expérience demeure enrichissante tant pour les immigrants que les aînés. La communication, l’ouverture, l’écoute et l’approche de la société d’accueil constituent le leitmotiv des acteurs de ce projet.
Suzanne Côté-Gauthier, une retraitée de la fonction publique, pense que «c’est un projet extraordinaire. Il conforte mon expérience auprès des nouveaux arrivants. La communication avec mon mentoré s’est faite aisément, sans heurt ni intrusion. L’enrichissement intellectuel a été mutuellement bénéfique. J’ai perdu certains préjugés sur les hommes arabo-musulmans.» Amine Mokrani, son mentoré, abonde dans le même sens : « Je recherchais une relation amicale avec un aîné québécois ou une ainée québécoise.»

Gisèle Désilet, retraitée de l’enseignement, jumelée à une jeune Roumaine, Ioana Hopulele, qu’elle a aidée pour avoir son permis d’enseignement, justifie son engagement par « la nécessité d’offrir, de partager un peu de ce que j’ai eu la chance de posséder. C’est continuer à être active tout en étant utile, en vivant la réalité, pas toujours facile, des nouveaux arrivants.»
Au cœur de sa mission
L’idée du partage reste omniprésente. Raison pour laquelle Paule Elisson et Lise Labelle, respectivement présidente et vice-présidente d’Au rendez-vous des cultures insistent sur la principale mission de l’association qui consiste : « à briser l’isolement, développer le rapprochement entre les Québécoises et les Québécois de diverses origines et de différentes générations » pour construire un Québec pluriel et harmonieux.

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