Les réductions d'impôts accordées aux contribuables et aux entreprises en octobre dernier servent à stimuler l'économie canadienne au moment où celle-ci en a le plus besoin, estime le ministre fédéral des Finances. ASSOCIATED PRESS/Frank Franklin II
OTTAWA - Les réductions d'impôts accordées aux contribuables et aux entreprises en octobre dernier servent à stimuler l'économie canadienne au moment où celle-ci en a le plus besoin, estime le ministre fédéral des Finances.
Lors d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne, Jim Flaherty a révélé que les remboursements émis cette année par le ministère du Revenu sont en moyenne de 1430 $ par contribuable, soit une hausse de 14 pour cent (ou 179 $) par personne comparativement à l'an dernier.
"Certaines des réductions d'impôts étaient rétroactives au mois de janvier 2007, donc (certains contribuables) qui ont rempli une déclaration de revenus cette année ont eu de belles surprises, a dit le ministre. Aussi, le partage des revenus pour les retraités était applicable pour la première fois et plusieurs ont pu économiser (jusqu'à) 6000 $ en impôts."
Il estime que ces mesures portent déjà fruit, citant en exemple une hausse des achats de voitures par les particuliers et une augmentation des acquisitions d'équipements par les entreprises.
Confronté à des économies canadienne et américaine en difficulté - certains analystes du secteur privé croient même que l'économie canadienne pourra avoir enregistré, au cours du dernier trimestre, sa première contraction depuis 2003 - le gouvernement fédéral est sous pression pour relancer l'activité économique, notamment en se portant au secours du secteur manufacturier en Ontario et au Québec.
M. Flaherty a ajouté que sa stratégie pour confronter les problèmes qui affligent l'économie est la bonne. Une approche systématique est nécessaire, a-t-il dit, plutôt qu'une approche à la pièce qui offrirait, par exemple, des mesures spécifiquement pour l'industrie automobile ou des chèques aux contribuables.
Il estime que le Canada a fait nettement plus que les Etats-Unis - où le gouvernement a offert des chèques de 600 $ US par adulte et de 300 $ US par enfant, dans l'espoir de relancer les dépenses des ménages - pour stimuler l'économie.
"Nos mesures représentent environ 1,4 pour cent de notre PIB et (celles des Américains) environ 1,1 pour cent, a dit M. Flaherty. Et nous avons agit plus rapidement et de manière structurée. Ils y vont d'envois uniques de chèques, tandis que nos réductions d'impôts permanentes serviront de stimulus continus pour l'économie canadienne."
Quant aux secteurs automobile et forestier, les deux points faibles de l'économie canadienne parce qu'ils ont été matraqués par la robustesse du dollar et le ralentissement économique américain, M. Flaherty estime qu'ils ont besoin de temps pour s'ajuster aux nouvelles réalités du marché.
Le ministre Flaherty et le premier ministre ontarien Dalton McGuinty sont aux antipodes l'un de l'autre quant à la meilleure tactique à adopter pour venir en aide au secteur manufacturier.
M. McGuinty demande ainsi à Ottawa de se joindre à sa province pour offrir des prêts de dizaines de millions de dollars aux constructeurs automobiles qui s'engageraient à construire de nouvelles usines ou à préserver celles en place. M. Flaherty croit qu'il vaut mieux créer un environnement de taxation faible qui permettra à toutes les entreprises, peu importe le secteur, de prospérer.
"Nous sommes en mode 'ajustement' pour les secteurs de l'automobile et de la forêt, a-t-il dit. Ces deux secteurs ressortiront de ce ralentissement plus forts, plus sophistiqués technologiquement et donc plus compétitifs et plus durables."
Une fois rétablis, il y "aura moins d'emplois dans ces deux secteurs", a-t-il toutefois concédé.
Le budget présenté en février par M. Flaherty prévoit un surplus de 2,3 milliards $ cette année et de 1,3 milliard $ l'an prochain. Le ministre a dit être prêt à sabrer dans les dépenses du gouvernement, au besoin, pour éviter de replonger dans le rouge.
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