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Momin Khawaja, qui subit son procès pour terrorisme, plaide non coupable

Presse Canadienne Article mis en ligne le 23 juin 2008 à 0:00
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Momin Khawaja, qui subit son procès pour terrorisme, plaide non coupable
Momin Khawaja. THE CANADIAN PRESS/Jonathan Hayward /file/2004
OTTAWA - La Couronne entend prouver que le Canadien Momin Khawaja, un concepteur de logiciels d'Ottawa, était au centre d'un complot terroriste international pour semer la mort et la destruction au moyen de bombes artisanales en Grande-Bretagne.
Le procès pour terrorisme de Khawaja s'est ouvert à Ottawa, lundi, alors que des centaines de policiers - y compris des tireurs d'élite postés sur les toits - avaient été déployés autour du tribunal. Les visiteurs devaient traverser un détecteur de métal avant d'entrer dans la salle d'audience.
Les procureurs ont tracé les grandes lignes de la toute première mise en accusation d'un individu en vertu de la loi antiterrorisme adoptée par le gouvernement fédéral dans la foulée des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Khawaja, âgé de 29 ans, est accusé d'avoir comploté avec un groupe de musulmans britanniques, eux aussi d'origine pakistanaise, pour commettre plusieurs attentats. Il a plaidé non coupable à tous les chefs d'accusation.
Cinq de ses co-accusés ont été condamnés à la prison à vie l'an dernier, à Londres, et deux autres ont été acquittés. Khawaja n'a pas été traduit en justice en Grande-Bretagne. Il a plutôt été accusé au Canada sous sept chefs, dont possession d'explosifs et financement d'une organisation terroriste.
L'objectif du complot était de causer la mort, des blessures et des dommages matériels pour des motifs religieux et politiques, a avancé David McKercher, le principal représentant de la Couronne. Ses complices présumés en Grande-Bretagne avaient acheté 600 kilos d'engrais pouvant servir à la fabrication de bombes, a ajouté le procureur.
Me McKercher a fait savoir que l'accusation sera étayée par des preuves de surveillance électronique recueillies par les services de sécurité britanniques, mais également par des preuves obtenues au Canada, y compris de l'équipement électronique, des matériaux permettant de fabriquer des bombes, des armes, des munitions et des ouvrages islamistes militants saisis par la Gendarmerie royale du Canada au cours d'une descente à la maison familiale de Khawaja, en mars 2004. Des disques durs d'ordinateurs saisis par la GRC ont aussi permis de retracer des échanges de courriels entre Khawaja et ses complices présumés au Royaume-Uni.
La Couronne dispose par ailleurs d'un témoin-vedette, Mohamed Junaid Babar, ex-associé des comploteurs britanniques devenu informateur de police. Il a plaidé coupable à des accusations d'aide au terrorisme aux Etats-Unis et attend de connaître sa peine. Il a témoigné, l'an dernier, au procès des présumés complices de Khawaja à Londres, et espère jouir de la clémence des tribunaux américains en échange de sa coopération.
Il était le premier à témoigner, lundi. Ses déclarations ont cependant été contestées par l'avocat de la défense, Lawrence Greenspon, qui a mis en doute leur fiabilité, soutenant que la plupart tenaient du ouï-dire et devraient être exclues du procès.
Le procès de Khawaja a débuté plus de quatre ans après que les accusations aient été portées contre lui, entre autres parce que ses défenseurs ont contesté, avec un succès partiel, des dispositions de la nouvelle Loi antiterrorisme.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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