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Trois Ahuntsicois font revivre Paganini

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 20 avril 2007 à 13:17
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Trois Ahuntsicois font revivre Paganini
En pleine répétition… (Photo: Martin Alarie)
Trois Ahuntsicois font revivre Paganini
On connaît l'abbé Claude Bédard pour son action auprès des malades du sida à la Maison Dehon. On sait moins en revanche que derrière le philanthrope se cache un mélomane averti. Le ténor sera de la distribution de l'opérette Paganini avec deux autres Ahuntsicois, les 27 et 28 avril, dans la troupe du Théâtre d’art lyrique de Laval (TALL).
L'abbé Bédard incarnera le prince Felice, un être frivole, un vrai enfant gâté, dans la prochaine production du TALL. «On me donne souvent des rôles où je joue des personnages un peu fous», constate le membre de la congrégation des prêtres du Sacré-Coeur.

Fondateur de la Maison Dehon, un centre d'hébergement palliatif pour les malades du sida situé dans Ahuntsic, il chante depuis 23 ans au sein du Théâtre d’art lyrique de Laval, dont il préside également le conseil d'administration. «À la Maison Dehon, je côtoie la mort continuellement. Chanter est une sorte d'exutoire. Cela me fait du bien», confie-t-il.

L'abbé a la musique dans les gènes. La famille des Bédard-Pelletier, dont il est issu, compte plusieurs musiciens, dont le célèbre chef d'orchestre Wilfrid Pelletier. Un autre de ses oncles, Louis Bédard, a également dirigé des ensembles à Radio-Canada. Son père a dirigé la chorale de la paroisse des Saints Martyrs Canadiens, sa mère était pianiste accompagnatrice et il comptait une marraine pianiste de concert.

Dès l'école primaire, il montre un talent indéniable pour jouer les cabotins. Dès qu'un projet de pièce voit le jour, il est immanquablement de la distribution.

Même en Afrique, où il a été missionnaire jusqu'au début des années 80, la musique a toujours fait partie de sa vie. Dans son petit village du Zaïre (République démocratique du Congo) à 250 km de la ville la plus proche, il récupère un vieux piano à queue déglingué. Il fait venir des cordes et une clé d'Europe pour le réparer. Perdu au fond de la brousse, il jouera pendant 15 ans en suivant les rares partitions classiques qu'il a sous la main.

En 1984, de retour d'Afrique, expulsé par le régime du dictateur Mobutu, ses belles-sœurs l'amènent au TALL. C'est le début d'une longue fréquentation. «La musique me permet d'exprimer la joie que j'ai en moi. Elle me permet également de rencontrer d'autres personnes, qui ont des vues différentes des miennes», indique l'abbé.
Tremplin pour les jeunes
Jean-Claude Parent, doyen à 81 ans, est lui aussi un fidèle. Présent depuis les tout débuts de la troupe, en 1981, ce comptable retraité de Radio-Canada a du même coup hérité de la trésorerie du théâtre. Il a débuté à l'âge de 55 ans dans les Cloches de Corneville et joué par la suite dans 68 productions. Dans le prochain spectacle, il interprétera le personnage d'un aubergiste.
«Chanter me donne de l'énergie. C'est bon pour la santé et pour le moral. J'essaie de suivre les plus jeunes, mais j'y vais à mon rythme», déclare-t-il.

Si le théâtre d'art Lyrique permet à plusieurs mélomanes de donner libre cours à leur passion pour le chant et la scène, il offre aussi un formidable tremplin pour les étudiants en musique, qui y trouvent l'occasion de s'exprimer et d'apprendre les ficelles de la scène. «Ce n'est pas juste un petit loisir pour nous. Un des buts, c'est de former des jeunes qui gagneront plus tard leur vie avec la musique», souligne M. Parent.

Luc Arsenault, étudiant au baccalauréat en chant à l'université de Montréal, interprètera le rôle titre. Le jeune homme, admirateur de Céline Dion, est arrivé au classique par la chanson populaire. «Le chant classique me permet d'atteindre un niveau de satisfaction et de dépassement incomparable. Il faut travailler énormément», indique-t-il. Amateur des opéras de Massenet et du bel canto italien, Paganini sera son premier spectacle avec le Théâtre d'art lyrique de Laval. «Cela me permet d'acquérir une expérience scénique que nous n'avons pas la chance d'avoir à l'université», souligne-t-il. Trois étudiants de sa faculté participent au spectacle.

Pour continuer à vivre, le théâtre a besoin de passionnés. L'opérette a moins la cote qu'il y a quelques années. «C'est difficile de trouver un public. Alors qu'autrefois, on donnait sept représentations d'un spectacle, aujourd'hui, on en fait deux. On a perdu le romantisme de la musique classique. Les gens préfèrent les spectacles à sensation forte», regrette l'abbé Bédard.

Opérette viennoise du compositeur austro-hongrois Franz Lehàr, Paganini plonge l'auditoire dans une histoire inventée par Paul Knepler et Bela Jenbach, au rythme des valses de Vienne. Lors d'une visite à Lucques en Italie, le célèbre violoniste virtuose tombe amoureux de la princesse Anna Elisa, épouse du prince Felice. Des membres de la cour comploteront contre lui afin de faire annuler son concert, l’accusant d’être possédé par le diable. Rire et marivaudage sont au cœur de cette opérette en trois actes.
Le Paganini du TALL sera présenté les 27 avril, à 20h, et 29 avril, à 14h, au Théâtre Marcellin-Champagnat, au collège Laval, 275, rue Laval. Information: 450 687-2230.

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