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Le meilleur des deux mondes

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 10 avril 2007 à 16:00
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Le meilleur des deux mondes
Pascal Diverrez se trouve comme un poisson dans l'eau à Montréal, à tel point qu'il ne songe pas à refaire ses valises. (Photo: Éric Carrière)
Le meilleur des deux mondes
Adopté à l'âge de 18 mois, Pascal Diverrez s'est envolé destination la France pour trouver une famille. Vingt-cinq ans plus tard, il a franchi l'Atlantique dans l'autre sens pour poser ses valises dans son pays de naissance.
Sur son petit pied, à la crèche où il attendait qu'on vienne le chercher, il y avait inscrit au crayon son prénom: Pascal. Des anecdotes comme celles-là, sa mère adoptive lui en a raconté des tonnes. Pour cette Française de 35 ans qui avait déjà perdu deux enfants en bas âge, le petit Québécois était le bébé de la dernière chance.

Dans les années 60 et 70, de nombreux couples français ont défié la cigogne en adoptant un enfant de ce côté-ci de l'Atlantique, découragés par la longueur de l'attente dans leur pays d'origine.

Pascal Diverrez n'a jamais ignoré son histoire. «Tout petit, on m'a raconté que ma maman était allée me chercher très loin dans un gros avion», raconte-t-il. Témoin de cette belle histoire d'amour, il garde précieusement le billet d'Air France à son nom qui atteste de l'authenticité de ce récit.

Choyé par ses parents adoptifs, élevé une bonne partie de son enfance en Bretagne, une région qu'il adore, Pascal Diverrez s'estime chanceux. Si ce n'avait pas été de sa mère adoptive, qui l'a poussé à le faire, peut-être n'aurait-il même jamais entamé de démarches pour tenter de retrouver ses parents naturels.

«Pour elle, il doit manquer quelque chose à quelqu'un quelque part. Elle est persuadée que cela m'apporterait quelque chose», raconte l'homme aujourd'hui âgé de 38 ans, qui a élu domicile sur le Plateau Mont-Royal.

Attiré par le fait qu'on y parle français, il est arrivé à Montréal en 1995 avec son sac de voyage et sa collection de CD. Avec ce pays qui l'a vu naître, il ne se reconnaît pas d'emblée de parenté. Plusieurs fois, cependant, on lui trouve une ressemblance frappante avec un oncle, un parent. Alors, Français ou Québécois ? «Je veux prendre le meilleur des deux mondes», déclare ce soudeur spécialisé dans l'assemblage de structures d'acier. «J'aime la France pour sa culture et son art de vivre, et le Québec pour ses grands espaces et pour ses gens.»

Il y a trois ans, il se décide à contacter le Mouvement Retrouvailles. «Avant, j'avais besoin de poser mes valises et de m'installer», indique-t-il. Les recherches aboutissent toutefois à une impasse : Pas de concordance, lui répond-on.

«Ce serait un soulagement de savoir que ma mère est toujours en vie. Et puis, j'ai peut-être des frères et sœurs quelque part. Mais je ne veux pas me faire de fausse joie», indique-t-il. Retrouver sa mère lui permettrait aussi de la rassurer. «Je pourrais lui dire que j'ai été élevé dans une bonne famille, qu'elle n'a pas à éprouver de la culpabilité. Qui sait, j'aurais pu rester ici et mal tourner.»

Pascal Diverrez n'abandonne pas l'idée de continuer à chercher ses racines en utilisant Internet ou d'autres moyens. Une quête qu'il poursuit sans se bercer d'illusions. «Je le fais dans une dimension affective et non pas pour soigner un quelconque bobo.»
Né Pascal Lapointe
Né sous le nom de Joseph Pascal Lapointe, le bambin a été confié à sa naissance à la crèche St-François d'Assise, située boulevard de la Rousselière, dans le quartier Pointe-aux-Trembles. Sa mère était âgée de 16 ans et avait déclaré vouloir continuer ses études. Son père était un ferblantier italien de 21 ans.



(Photo: Éric Carrière)

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