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La pièce manquante du casse-tête

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 10 avril 2007 à 16:00
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La pièce manquante du casse-tête
Ginette Lessard montre un cliché d'elle prise à l'âge d'un an, une des premières photos de bébé dont elle dispose. (Photo: Jacques Pharand)
La pièce manquante du casse-tête
Depuis l'âge de 20 ans, Ginette Lessard recherche activement ses parents biologiques. Une quête qui a pris toute la place dans sa vie pendant bien des années. «Je fouillais partout. Tout tournait autour de cela. C'était devenu envahissant», confie la résidente d'Ahuntsic.
Pour parvenir à ses fins, elle s'est parfois transformée en véritable enquêtrice, n'hésitant pas à cogner aux portes. Elle a donné des dizaines d'entrevues dans les médias dans l'espoir de déclencher un signe de la part d'un membre de sa famille naturelle ou de quelqu'un qui aurait connu ses parents biologiques. Ses démarches sont demeurées vaines.

Ses recherches ont débuté au décès de ses parents adoptifs. Le besoin de retrouver ses racines se fait alors pressant, même si elle savait depuis l'âge de huit ans qu'elle avait été adoptée. Au Centre jeunesse de Québec, elle obtient quelques maigres renseignements inscrits sur un formulaire administratif.

Elle est née le 3 mai 1952 à l'hôpital St-Joseph de Québec sous le nom de Marie Hermeline Mercure. Sa mère était âgée de 38 ans à sa naissance et avait déjà cinq autres enfants. À six jours, elle a été transférée à la crèche St-Vincent-de-Paul, où elle a été confiée en adoption.

Pour tenter de localiser ses parents biologiques, elle est allée jusque devant la cour d'appel afin d'obtenir le droit que sa mère soit informée de ses démarches pour la retrouver. Mise au courant, celle-ci a toutefois nié être la bonne personne, mettant ainsi un terme aux espoirs d'éventuelles retrouvailles. Un refus qui a été vécu comme un deuxième rejet par Mme Lessard.

«Ma vie n'a pas commencé le jour où j'ai été adoptée, déclare-t-elle. Il me manquera toujours une pièce du casse-tête, celle qui correspond au début de mon histoire.» Depuis, Mme Lessard continue à espérer qu'un jour quelqu'un se manifestera et que le téléphonera sonnera pour lui donner des nouvelles.

Aujourd'hui, elle déclare avoir trouvé une certaine sérénité. Plutôt que de continuer à remuer ciel et terre, elle a choisi d'accompagner les autres, notamment en créant une antenne du Mouvement Retrouvailles dans la région de Sherbrooke, où elle a vécu durant plusieurs années.

«Certaines mères ne savent pas où s'adresser et ignorent que les recherches peuvent se faire de manière anonyme. D'autres ont peur que l'enfant les fasse sentir coupable. Elles ont fermé le tiroir sur le passé et un jour l'enfant cogne à la porte.» Afin d'aider ceux qui mènent le même combat, elle met la dernière main à un ouvrage qui racontera son histoire et livrera des témoignages d'autres personnes en quête d'un membre de leur famille.

(Photo: Jacques Pharand)

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