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Des femmes incapables de trouver un logement

Audrey Gagnon par Audrey Gagnon
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Article mis en ligne le 5 février 2007 à 12:00
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Des femmes incapables de trouver un logement
Nicole Boily affirme que beaucoup de femmes doivent sacrifier nourriture, vêtements et loisirs pour se loger. (Photo: Jacques Pharand)
Des femmes incapables de trouver un logement
De plus en plus de femmes à Montréal font la tournée des centres d'hébergement parce qu'elles sont incapables de trouver un logement. Certaines d'entre elles vont même jusqu'à placer leur enfant à la DPJ afin qu'ils aient une adresse fixe pour pouvoir fréquenter une école.
Voilà le triste constat que fait Ginette Mongrain, directrice d'Infologis de l'est de Montréal, un organisme voué à la défense du droit au logement, peu de temps après la publication d'une étude du Conseil des Montréalaises faisant état de la difficulté de se loger pour les femmes de la métropole.

« Malgré un pas important fait par la Ville, la situation du logement abordable demeure cruciale », affirme Nicole Boily, présidente du Conseil des Montréalaises, ajoutant que se loger est un besoin de base qu'il importe de combler pour avoir une certaine qualité de vie. « Trop de femmes doivent encore sacrifier nourriture, vêtements et loisirs pour se loger », ajoute-t-elle.

Dans son étude rendue publique à la mi-janvier, le Conseil des Montréalaises rapporte qu'en 2001, 109 929 ménages montréalais, dont le principal soutien est une femme, consacraient plus de 30 % de leur revenu au logement, alors que ce nombre chutait à 83 410 lorsque le principal soutien est un homme. Le Conseil souligne l'importance d'augmenter le nombre de logements sociaux et communautaires, spécialement les logements de trois chambres à coucher et plus pour les familles nombreuses.

« La longue liste des ménages en attente d'un HLM montre bien que l'offre de logements sociaux n'est pas suffisante », affirme Mme Boily.

Martine Poitras, du comité logement de Rosemont, rapporte qu'au moins 1200 ménages du quartier et des environs sont en attente d'un logement social. Ils sont 26 000 pour l’ensemble de la ville.

« Les femmes ont généralement un revenu moins élevé que les hommes, constate Mme Poitras. Sur l'aide sociale, elles reçoivent moins de 600 $ par mois. Un 2 ½ chauffé coûte en moyenne 350 $ par mois, soit plus de 50 % du revenu des familles. Il n'y a pas de correspondance entre le revenu des gens et ce qu'il y a sur le marché. »

Même constat du côté d'Infologis. « Des logements de moins de 600 $ par mois, il n'y en a pas », déplore Ginette Mongrain, qui plaide en faveur d'un retour à du « vrai logement social ».

Depuis 2000, le coût moyen des loyers de deux chambres à coucher, dans la région métropolitaine de Montréal, est passé de 509 $ à 636 $ par mois. Cela représente une hausse de 25 % en six ans.

(Photo: Jacques Pharand)

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