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Isabelle Aubut réinvente le tricot

Elle expose au «off» Salon de l'artisanat du 14 au 23 décembre

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 15 décembre 2006 à 14:35
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 Isabelle Aubut réinvente le tricot
Isabelle Aubut porte une attention particulière à l'origine des fils qu'elle achète (Photo: Jacques Pharand)
Isabelle Aubut réinvente le tricot
Elle expose au «off» Salon de l'artisanat du 14 au 23 décembre
Le tricot, un truc de grands-mères? Pas pour Isabelle Aubut. Entre ses mains, la maille fait des folies. Nouée, tricotée, agrémentée de plumes et de paillettes, elle se transforme en châles, étoles et coquettes écharpes. Sur une veste ou sur une robe de soirée, ou simplement pour le plaisir de s'emmitoufler dans le confort de son foyer, les créations de la jeune Ahuntsicoise font craquer par leur style unique.
Les châles d'Isabelle Aubut ont leur propre vie. Du moins, c'est ce que prétend leur créatrice. «Je me laisse guider par les fils, comme le potier met sa pièce au four sans être certain du résultat final. Mes créations sont très organiques. Je les fais en pensant qu'elles seront portées d'une certaine façon, mais en réalité, elles se placent elles-mêmes selon leur bon vouloir. Elles vivent leur propre vie», indique la jeune femme. Souvent asymétriques, ses créations font penser à des plantes grimpantes qui s'enroulent autour des épaules et du cou des élégantes qui les portent.

Dans son atelier de la rue Marquette, Isabelle Aubut assemble patiemment ses précieux fils soie, laine, polyester, lin, coton – en provenance d'Angleterre, d'Italie, d'Allemagne, du Vietnam. Elle porte une attention particulière à l'origine des matières, soucieuse d'utiliser des produits qui ont été fabriqués dans de bonnes conditions.

Les couleurs et les textures guident son travail, le tout de façon très instinctive. Chaque pièce est unique. Châles, foulards, étoles précieuses naissent ainsi sous le cliquetis des grosses aiguilles à tricoter. Une ligne chic, pour le soir, allie les matières vaporeuses aux paillettes. L'accessoire se porte alors sur une robe ajustée sans manche pour un look classe avec une touche d'originalité. «On choisit la pièce d'abord, puis la robe», conseille la créatrice. Une autre collection, pour tous les jours, vient répondre au légitime besoin de s'emmitoufler en ces frisquettes soirées hivernales.
La passion et le feu
Isabelle Audet conjugue un emploi à temps plein dans un magasin d'alimentation naturelle avec ses activités créatives. «C'est juste la passion et le feu qui me font continuer. Créer a quelque chose de magique. Je choisis mes balles de laine, je regarde les couleurs, et je pars ! La sensualité des matières et des teintes me font du bien à l'âme», déclare-t-elle.
Isabelle Aubut tricote depuis plusieurs années, au début pour elle-même. Gérante d'une boutique d'alimentation, un épuisement professionnel l'oblige à prendre une pause. Trois mois qu'elle consacrera à mettre de l'ordre dans sa vie. Les conseils d'une coach l'incitent à ouvrir la porte au côté créatif qui sommeille en elle. À partir d'un jeu d'aiguilles et d'une boîte de pelotes de laine léguée par une vieille tante, elle cultive son art en lisant un nombre impressionnant de livres et de magazines spécialisés.
Près de 500 pièces
L'idée de gagner sa vie en tricotant des châles s'est concrétisée en 2003 avec la création de l'entreprise Maille à maille, après un cours de démarrage d'entreprise avec la CDEC locale et la Compagnie F, un organisme spécialisé dans l'entrepreneuriat au féminin. «Comme autodidacte, j'avais besoin d'éléments fondateurs. C'est une chose de créer des écharpes et une autre de gérer une PME», indique la tricoteuse, dont les modèles se retrouvent aujourd'hui dans plusieurs points de vente.
Isabelle Audet fourmille de projets: elle sera présente à l'exposition «off» du Salon de l'artisanat, du 14 au 23 décembre, à l'atelier galerie Boulevart, sur St-Laurent, dans la Petite-Italie, en compagnie de quatre autres artisanes, dont une autre créatrice du quartier, la mosaïste Sylvie Racette.

Elle songe également à s'équiper d'une machine à tricoter afin de fabriquer une ligne de modèles plus accessible. «J'adore ce que je fais. Souvent, je déplore le manque de temps pour m'y consacrer davantage», confie l'artisane, qui a déjà réalisé près de 500 pièces.

(Photo: Jacques Pharand)

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