Loin de se limiter à la musique contemporaine, le répertoire de Louise Bessette l'a menée à jouer en récital solo, en musique de chambre, ou comme soliste avec les plus grands orchestres, lors de nombreux récitals à l'étranger, en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique centrale.
(Photo: Jacques Pharand)
Une pianiste contemporaine
Louise Bessette jouera pour les 40 ans de la SMCQ
Artiste éclectique, Louise Bessette sera du concert Piano Forte!, un grand marathon musical qui soulignera le 40e anniversaire de la Société de musique contemporaine du Québec le 14 décembre.
À l'image de cet organisme qui veut promouvoir la musique d'aujourd'hui, Louise Bessette a toujours eu un faible pour les créations contemporaines. Un goût qu'elle a développé avec ses professeurs au Conservatoire de musique de Montréal, Georges Savaria et Raoul Sosa, deux musiciens passionnés par la musique du 20e siècle. Fraîchement diplômée du Conservatoire, en 1980, elle joue des pièces de Clermont Pépin, Micheline Coulombe St-Marcoux et Gilles Tremblay.
«Cet intérêt pour la musique contemporaine m'a permis de nouer des contacts avec des compositeurs et de développer une curiosité pour la musique qui s'écrit de nos jours», indique l'artiste. «C'est un grand bonheur de pouvoir travailler avec des compositeurs toujours vivants, car on peut échanger sur la vision de l'œuvre et son interprétation.»
Louise Bessette a commencé le piano à l'âge de 5 ans. Elle a grandi dans une famille où la musique avait sa place. Sa mère, originaire d'Ahuntsic, a tenu les orgues de l'église de la Visitation. Son père était un mélomane épris d'opéra.
C'est à son entrée au conservatoire, à l'âge de 12 ans, que la jeune fille prend conscience de l'importance de la musique dans sa vie. «L'école en souffrait un peu, car mon intérêt pour le piano devenait de plus en plus grand. Je m'absentais souvent pour jouer», se souvient l'artiste. Le piano est un instrument exigeant et elle y consacre alors de deux à trois heures par jour.
Des œuvres sur mesure
Aujourd'hui, enseignante depuis 1996 au Conservatoire, elle possède un répertoire original, composé de pièces qui lui sont envoyées de musiciens du monde entier. Plusieurs d'entre eux écrivent spécialement pour elle, comme Serge Arcuri, dont La forêt des clameurs, un concerto commandé par l'artiste avec l'ensemble I Musici, a été présenté en première mondiale le 25 octobre dernier, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.
«Le compositeur a habité plusieurs années près de l'église St-Jean-Baptiste. Ce concerto est construit à partir de ses souvenirs de l'écho des cloches. C'est une écriture très lyrique qui fait chanter le piano de façon extraordinaire», souligne la pianiste.
Les Canadiens Serge Provost, André Villeneuve, Raoul Sosa, et les Français Philippe Boivin, Bruno Ducol, Jacques Lejeune et Claude Ballif lui ont également dédié plusieurs pièces.
À l'occasion du concert Piano Forte, donné pour les 40 ans de la SMCQ, le 14 décembre, à la salle Claude-Champagne, elle interprétera Fragments, de Serge Arcuri, La cloche du temple, de Serge Provost et Monodias Espanolas de José Évangelista, parmi 17 pièces jouées par une dizaine de musiciens.
La participation à cet événement constitue une sorte de retour aux sources pour l'Ahuntsicoise, qui a démarré sa carrière avec l'ensemble de la SMCQ, alors qu'elle venait de terminer ses études au conservatoire. Serge Garand, directeur musical de la Société, l'avait invitée à participer à un de ses tout premiers concerts, une marque de confiance que l'artiste n'a pas oubliée.
Dans l'interprétation de pièces contemporaines, Louise Bessette satisfait une insatiable soif de nouveauté. Elle confie éprouver un plaisir constamment renouvelé à découvrir des œuvres peu jouées. Éprise de rythmes, elle y trouve une nouvelle façon d'explorer son instrument fétiche.
«Je m'intéresse à toutes les formes d'art. J'aime découvrir de nouveaux artistes. Cette curiosité me poursuit jusque dans la nourriture: si je vais quelque part, je commande toujours un plat auquel je n'ai jamais goûté», ilustre-t-elle.
Propager la musique contemporaine
Loin de se limiter à la musique contemporaine, son répertoire l'a menée à jouer en récital solo, en musique de chambre, ou comme soliste avec les plus grands orchestres, lors de nombreux récitals à l'étranger, en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique centrale.
Parmi ses compositeurs favoris, Olivier Messiaen occupe une place à part. L'interprétation de Vingt regards sur l'enfant Jésus, un grand cycle de piano de plus de deux heures, demeure un des souvenirs chers à l'artiste. «C'est une pièce d'une grande spiritualité. Beaucoup de gens, après le concert, m'ont fait la réflexion qu'ils venaient de faire un voyage extraordinaire», se souvient la pianiste.
On retrouvera Louise Bessette en récital le 9 janvier à la salle Pierre-Mercure, dans le cadre de la première édition du prix international de composition de l'OSM créé par le chef Kent Nagano. Elle interprétera pour l'occasion une sonate et un concerto de Charles Haydn.
(Photo: Jacques Pharand)