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Sauvée par ses enfants

Carole Thibault raconte sa guérison «miraculeuse»

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 10 novembre 2006 à 17:26
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Sauvée par ses enfants
Carole Thibault raconte son combat pour rester vivante et continuer à s'occuper de ses deux jeunes enfants. (Photo: Jacques Pharand)
Sauvée par ses enfants
Carole Thibault raconte sa guérison «miraculeuse»
Apprendre à 37 ans, alors qu'on est maman de deux tout-petits, qu'on n'a plus que quelques mois à vivre représente tout un choc. Carole Thibault raconte sur un ton cocasse et tendre à la fois comment ses enfants l'ont aidée à vaincre le cancer. Un récit plein de rebondissements, jamais misérabiliste, qui se dévore comme un thriller.
Après quatre jours de migraines atroces, cette résidante d'Ahuntsic se résout à se rendre aux urgences de l'hôpital Fleury, une journée en 2002. Après un scanner, on lui apprend qu'elle est atteinte d'une tumeur au cerveau. Opérée deux semaines plus tard, on lui découvre des métastases aux poumons. Elle subit une seconde opération. Une autre tumeur au cerveau est alors détectée.

«Les médecins m'ont réunie avec quatre membres de ma famille pour faire le point. Quand on m'a annoncé un cancer généralisé, je me suis mise sur la grosse défensive. Je ne voulais pas entendre la suite. J'ai fini par demander combien de temps il me restait. Il y a eu un silence. Les médecins se sont regardés. Ils m'ont donné neuf mois. Mon conjoint est resté muet. Mes parents se sont mis à pleurer.»

La première réaction de Carole Thibault, pour sa part, a été la colère. «Pourquoi moi? J'ai deux enfants. Je ne peux pas mourir maintenant!», s'est-elle révoltée. Un mois de profond découragement a succédé au terrible verdict. «C'est mon médecin qui m'a réveillée en me disant: "Tu ne peux pas abandonner, tu as des enfants".»
Voyage au pays du cancer
Débute alors pour Carole Thibault un long périple de quatre ans sous le règne des opérations, des examens et des traitements sous le regard de médecins pas du tout convaincus de sa survie. Son quotidien se résume à des séjours à l'hôpital et de longues périodes alitées, avec tous les effets secondaires pénibles dus aux séances de chimiothérapie.
«La période la plus difficile a été en décembre 2002. J'étais à mon plus bas, j'avais beaucoup maigri. Je me voyais en train de mourir. J'ai pensé que je vivais mon dernier Noël.» Son oncologue modifie alors son traitement pour une médication moins brutale, qui endort les cellules cancéreuses au lieu de les détruire, lui permettant de remonter tranquillement la pente.

Quatre ans après, Carole Thibault estime avoir vaincu la maladie. Elle a arrêté la chimio en mai dernier et les deux derniers scans n'ont révélé aucune trace de cancer. À tel point que son médecin l'appelle la miraculée. «Les médecins m'ont prévenue qu'ils ne pouvaient pas dire s'il n'y a pas de cellules cancéreuses dans mon sang. Mais moi, je sais que je suis guérie.»
Une sorte d'héritage
Cette épreuve n'aura toutefois pas été sans dommage. Le couple qu'elle formait avec le père de ses enfants n'a pas résisté au cataclysme. «C'est très difficile pour moi car j'ai été élevée dans une famille très unie», glisse-t-elle. Au début de sa maladie, Carole Thibault, convaincue qu'elle allait mourir, a demandé à son conjoint de trouver une mère pour prendre soin de ses enfants après son décès. Chose qu'il a faite. «Je comprends mais j'en garde une certaine amertume», confie-t-elle.
Avec son livre, Carole Thibault indique vouloir laisser une sorte d'héritage pour ses enfants. «Mon plus âgé avait deux ans et demi lorsque la maladie s'est déclarée. Il en conserve donc des souvenirs. J'ai voulu lui expliquer pourquoi maman était toujours au lit et pas en forme.» C'est également une manière de remercier tous ceux qui l'ont entourée de leurs encouragements au cours de la maladie. «Tous ces messages d'amour de gens que je ne connaissais même pas, c'est cela qui m'a sauvée plus que les médicaments», déclare-t-elle. Elle veut également livrer un message d'espoir aux personnes atteintes d'une maladie que l'on dit incurable.

Carole Thibault a recommencé à travailler depuis deux ans. «J'étais tannée de ma bulle maison-hôpital. J'avais besoin de rencontrer d'autres gens.» Cette employée au siège social de la Banque Nationale occupait un poste à responsabilité au service de la construction comme chargée de projet. Elle a repris ses activités dans la même entreprise, une journée par semaine, mais au service de la qualité de vie en milieu de travail.

Le reste du temps, elle se consacre à l'écriture d'un nouveau livre et à la popote. Elle participera notamment au Salon du livre de Montréal, qui se tiendra le 18 novembre prochain, pour présenter son livre témoignage. @Ci:«C'est mon médecin qui m'a réveillée en me disant: "Tu ne peux pas abandonner, tu as des enfants".»
- Carole Thibault

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