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Passez donc au salon Francisco Tárrega

Le guitariste Michel Beauchamp inspiré

André Desroches par André Desroches
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Article mis en ligne le 10 novembre 2006 à 17:22
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Passez donc au salon Francisco Tárrega
Prise à Valence, en 1906, la photographie qui a inspiré l'idée du salon à Michel Beauchamp. Malade, sans le sou, Tárrega bénéficiera de l'appui de ses amis, qui paieront pour l'entendre en récital deux fois par mois.
Passez donc au salon Francisco Tárrega
Le guitariste Michel Beauchamp inspiré
«Le plaisir de s'asseoir sur un bon fauteuil bien rembourré, par un soir d'hiver, pour écouter, pendant une heure, un artiste qui livre ce qu'il fait de mieux !» Comment refuser pareille invitation alors que le guitariste Michel Beauchamp nous convie à la troisième saison du Salon Francisco Tárrega.
En janvier 1906, Francisco Tárrega est frappé d'hémiplégie. Le côté gauche de son corps est paralysé.

Le compositeur récupère lentement. La maladie épuise les ressources financières de sa famille. Ses amis se mobilisent. Ils paieront pour l'entendre en récital deux fois par mois !

La photographie, qui a inspiré l'idée du salon à Michel Beauchamp, a été prise à Valence en 1906. Probablement lors d'un de ces récitals. Concentré, l'oreille bien tendue pour goûter chaque note, un petit groupe d'amis entoure Tárrega interprétant une étude, un prélude, une mazurka ?

Le décor est feutré. L'ambiance, des plus chaleureuses. Un esprit de communion se dégage de cette image.

On se doute du plaisir que procurait à l'auditeur un récital de guitare donné dans un tel endroit. C'est le désir de faire revivre ce plaisir associé à une autre époque qui a amené Michel Beauchamp à créer le Salon Francisco Tárrega. «Je veux que les gens qui aiment la guitare classique puissent l'écouter dans un cadre idéal», confie ce premier prix de conservatoire, qui a consacré une intégrale au compositeur en 2005.

«Si j'avais beaucoup d'argent, j'aurais une grande maison avec un grand salon», dit-il. Faute d'avoir une grande maison et un grand salon, le résidant d'Ahuntsic nous donne rendez-vous à la Maison du Meunier pour les quatre récitals qui meubleront la saison.

Pour préserver cette ambiance de salon, à peine 18 places sont disponibles pour chaque récital. Des places vendues par abonnement. «Les gens sont toujours les mêmes tout au long de la saison. Ça devient comme une société des amis de la guitare; des gens qui aiment la guitare, qui ont un centre d'intérêt commun», apprécie Michel Beauchamp.

Chaque récital dure une heure. Sans pause. Thé, café et desserts sont servis. Les mélomanes ont l'occasion de rencontrer et d'échanger avec le guitariste de la soirée.

Une telle formule pourrait peut-être faire peur. Laisser croire qu'elle est réservée aux connaisseurs. Pas du tout. «Les gens qui sont là aiment la guitare, a pu constater Michel Beauchamp au cours des deux premières saisons. Ils ne connaissent pas nécessairement la musique, mais ils aiment ça !»

Comme le souligne le directeur artistique, les guitaristes invités ne sont pas des débutants. «Ce sont des guitaristes qui ont une carrière, qui sont actifs», dit-il.

Pour cette troisième saison, on accueillera Jérôme Ducharme les 12 et 13 décembre, David Gaudreau les 23 et 24 janvier et Peter McCutcheon les 27 et 28 février.

Michel Beauchamp se fait un point d'honneur d'offrir cette vitrine à des guitaristes de chez nous. «Je veux faire jouer les musiciens d'ici», dit-il. Ce qui ne l'empêche pas de saisir une belle occasion quand elle se présente. Ainsi, les 3 et 4 avril, on pourra entendre Luz Maria Bobadilla, du Paraguay, qui sera de passage au pays.

M. Beauchamp s'attarde notamment sur la chance offerte aux mélomanes d'entendre Peter McCutcheon, qui a étudié avec un géant de la guitare, Alexandre Lagoya. Une espèce en voie de disparition.

Nés à la fin du 19e siècle ou au début du 20e, les Lagoya, les Andrés Segovia ne se frottaient pas au disque, rappelle Michel Beauchamp. «Ils ont développé une approche très personnelle, très "méditée".» Une approche qu'ils ont su transmettre à leurs étudiants. «Quand ces étudiants vont quitter la scène, c'est un monde qui va disparaître», dit-il.

«Aujourd'hui, les guitaristes sont confrontés au disque, à la perfection du disque. Ils oublient qu'à la base, il doit y avoir un monde musical en soi. C'est la fin d'une lignée», s'attriste M. Beauchamp.

Ce dernier donne toute latitude aux guitaristes. Son mot d'ordre : «Même si vous pensez que les gens ont trop entendu cette pièce, si vous l'aimez, jouez-la ! Jouez les choses que vous aimez, que vous trouvez significatives pour vous.»

«L'idée est de faire vivre la musique», lance celui qui commence déjà à retourner quelques idées dans sa tête en vue de la saison 2009, date qui marquera les cent ans de la disparition de Tárrega. «Et la musique vit grâce à ces événements-là», se réjouit-il.

Toutes les informations sur le Salon Francisco Tárrega sont disponibles au www.michel-beauchamp.com.



(Photo: Jacques Pharand)
«L'idée est de faire vivre la musique (…) Et la musique vit grâce à ces événements-là»
- Michel Beauchamp

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