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Courrier Ahuntsic
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Les jeux de la société

Pascal LeBlanc par Pascal LeBlanc
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Article mis en ligne le 26 novembre 2008 à 10:12
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Où étiez-vous, sous l’étiquette Le Scorpion Masqué, sa propre maison d’édition. Gageons que ce jeu entièrement fabriqué au Québec animera plusieurs soirées du temps des fêtes. (Photo: Martin Alarie)">Les jeux de la société
Christian Lemay vient tout juste de lancer son troisième jeu, Où étiez-vous, sous l’étiquette Le Scorpion Masqué, sa propre maison d’édition. Gageons que ce jeu entièrement fabriqué au Québec animera plusieurs soirées du temps des fêtes. (Photo: Martin Alarie)
Les jeux de la société
Pour la plupart des gens, les jeux de société sont un passe-temps, un divertissement familial. Pour Christian Lemay, ils sont devenus une fascination, alors qu’il tentait d’occuper son temps. Les heures passées à les étudier se sont finalement avérées très profitables, puisqu’aujourd’hui, ce résident d’Ahuntsic gagne sa vie comme éditeur de jeux de société.
Le jeu J’te gage que…, ça vous dit quelque chose? Ce jeu où il faut réaliser des défis cocasses sans que les autres joueurs s’en aperçoivent. Christian Lemay en est le créateur et l’éditeur. Il est fort probable que ce jeu ait déjà animé l’une de vos soirées entre amis, puisqu’il s’est vendu à près de 30 000 exemplaires en moins de deux ans. «Si je réussissais à en vendre entre 1000 et 2000 dans la première année, j’étais content. Mais là, j’en ai vendu 16 000 copies en seulement quelque mois. Au Québec, ce sont des chiffres impensables», raconte Christian, qui est de toute évidence encore sous le choc.

L’histoire a commencé alors qu’il était professeur au cégep de Sherbrooke. «L’hiver, j’étais sur le chômage et je me cherchais quelque chose à faire. J’ai joué toute ma vie aux jeux de société, mais durant cette période, je ne jouais plus vraiment. Ce sont des amis qui m’ont fait redécouvrir les jeux», explique-t-il. Ainsi, il recommence à jouer pour le plaisir. En jouant, il se découvre un intérêt pour la philosophie et le mécanisme des jeux de société. «Ma bibliothèque municipale avait plus de 100 jeux et ce n’était pas cher, alors j’ai joué beaucoup et en plus je fouillais sur internet pour m’informer sur la culture du jeu.» Puis en 2005, Christian réalise qu’il aimerait travailler dans ce domaine. À ce moment, il avait déjà quelques projets de jeu en tête, mais il choisi J’te gage que… puisqu’il est moins coûteux à produire. Il enregistre sa compagnie, Le Scorpion Masqué, en septembre 2006, puis il lance son premier jeu en décembre de la même année.

Le travail de Christian consiste maintenant à faire en sorte que Le Scorpion Masqué devienne une référence internationale en matière de jeux de société. Plus tôt cette année, il a lancé le jeu d’adresse Grimpe. Celui-ci connaît déjà beaucoup de succès au Québec, ainsi qu’auprès des internautes et a soulevé l’intérêt de plusieurs des 150 000 amateurs de jeux qui ont visité la foire de jeux de société d’Essen, en Allemagne. «En allant à cette foire, j’avais pour but de faire connaître ma maison d’édition, mais j’ai aussi reçu des propositions de jeu en plus de négocier des contrats pour les miens», indique Christian.
Où étiez-vous?
Le plus récent jeu de Christian se nomme Où étiez-vous?. Paru il y à peine deux mois, son succès semble déjà assuré, puisque 5000 copies avaient déjà été vendues avant même qu’il ne soit disponible. «Les commentaires sont extraordinaires et tout le monde semble bien s’amuser en jouant», mentionne Christian, qui a créé le jeu en collaboration avec Pascal Roussel.
Tout comme J’te gage que…, il s’agit d’un jeu qui se joue en groupe et qui est plutôt destiné aux familles et amis qui recherchent un divertissement rapide et assez simple. «De lourds soupçons concernant un crime sordide pèsent sur deux joueurs. Pour s’en sortir, ceux-ci devront se fabriquer un alibi en béton! Mais voilà, les enquêteurs n’interrogent qu’un seul suspect à la fois… Espérons pour les suspects qu'ils sauront donner la même version des faits», indique la description du jeu sur le site web du Scorpion Masqué.
La société du jeu
«Les jeux font partie de la société et sont un reflet de notre culture, affirme Christian. Un de mes buts est de changer la perception des gens et de leur montrer que les jeux ne sont pas juste pour les enfants.» Pour l’instant, les jeux de société ne sont pas reconnus comme des produits culturels au Québec, mais le fondateur du Scorpion Masqué espère bien que l’explosion du marché des jeux québécois et l’impact de ceux-ci sur la société feront changer d’avis le gouvernement. Il compare les jeux de société à la musique, au cinéma et aux livres, puisqu’ils sont avant tout des divertissements. «Ce que je propose, c’est le plaisir de jouer en dehors de toutes préoccupations morales et éducatrices. Tout le reste doit être un effet secondaire».
Parmi ses projets d’avenir, Christian compte donc tout mettre en œuvre pour faire reconnaître le jeu de société comme objet de culture. De plus, il travaille à l’adaptation de ses jeux pour les marchés étrangers, en plus de préparer la suite de J’te gage que… et un nouveau jeu appelé Miss Poutine. «Ce que j’adore des jeux de société, c’est que lorsqu’on joue, tout est permis, mentionne Christian. J’aime voir le plaisir que les gens ont à jouer à mes jeux, leurs réactions et les situations engendrées. C’est presque aussi amusant que de jouer.»

(Photo: Martin Alarie)
«Les jeux font partie de la société et sont un reflet de notre culture. Un de mes buts est de changer la perception des gens et de leur montrer que les jeux ne sont pas juste pour les enfants.»
- Christian Lemay, éditeur de jeux de société

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