Des résidants en grogne se font entendre au conseil
Mesures d'apaisement de la circulation de transit
L’assemblée régulière de septembre du conseil d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville tenue mardi en raison du congé férié s’est avérée houleuse. La période de questions tenue en début de séance s’est terminée vers les 21h50, alors que la très grande partie de celle-ci a été monopolisée par le sujet chaud des mesures d’atténuation du trafic de transit. De nombreux résidants ont exprimé leur exaspération quant aux mesures d’apaisement de la circulation instaurées récemment sur la rue Prieur et les impacts engendrés sur leur rue respective.
Quelques minutes après l’ouverture de la séance qui débutait à 19h00, le conseiller du district de Sault-au-Récollet, Jean-François St-Onge, y est allé d’une déclaration «afin d’éclaircir des propos qui se tiennent présentement», à ce sujet. Disant multiplier depuis trois semaines les rencontres avec les citoyens, il a soutenu qu'il continuera au cours des prochains jours, afin d'écouter et prendre note de leurs commentaires. Il a précisé qu'il y aurait de la place pour des ajustements «mais que ceux-ci ne devront pas mettre en cause les objectifs poursuivis et reconnus : apaisement de la circulation, atténuation de la vitesse, sécurité des enfants, des cyclistes, des piétons, des personnes âgées, des personnes à mobilité réduite. «Il est entendu que toutes les mesures mises en place ne peuvent être parfaites. (…) les actions prévues dans l'étude, comme celles qui s'y sont greffées au fil des mois, doivent être analysées une fois de plus pour tenter d'atténuer les irritants concrets. C'est ce que l'on appelle communément un «work in progress», a-t-il précisé en rappelant les différentes étapes de consultation. Exhortant les citoyens à laisser de côté leurs divergences d'opinions et les tensions, il a fait appel au dialogue et au respect: «Nous sommes tous voisins». Il a conclu en spécifiant que «tout ne sera pas chambardé une fois de plus et que le processus de consultation mis en place en 2004-2005, sera respecté.»
Des mesures pour tous
«Nous n’avons jamais contesté le bien fondé de mesures d’apaisement, tous les citoyens en veulent», a soulevé d’entrée de jeu, Gilles Larocque, résidant de l’avenue Christophe-Colomb qui estime que les mesures instaurées sur Prieur donne lieu à deux catégories de citoyens. Il a fait état notamment des détours inutiles que doivent faire les autres résidants et de sa sécurité, qu'il juge réduite. Il a demandé notamment au conseiller St-Onge si ce dernier pensait avoir répondu à tous les électeurs de Sault-au-Récollet en «fermant une section de Prieur». Rappelant la tenue de consultations en 2004-2005, le conseiller a réitéré que le trafic devait être dirigé vers Christophe-Colomb, Papineau, Fleury et Sauvé.
Un représentant de la compagnie Lou-tec, à l’angle de Taché et Henri-Bourassa, a affirmé que la «barricade» cause problème tant pour ses clients que pour d’autres commerçants et un CPE. Le conseiller St-Onge a dit que le conseil s’attarderait à cet irritant.
«Ce qu’on faisait en un coin de rue, on le fait en sept coins de rue. Notre qualité de vie a pris une débarque!», a fait valoir une résidante de la rue Camille-Paquet, à l’angle de la rue Taché, en faisant référence aux détours que les résidants du secteur doivent effectuer. Le conseiller St-Onge dit avoir eu ces commentaires de la part d’autres citoyens et que «l’on vérifie».
Gilles Bachand a demandé si «la dernière consultation a fortement influencé les décisions du conseil», faisant référence à la consultation initiée par un groupe de citoyens dont le porte-parole est Christian Galarneau. Le conseiller St-Onge a répété qu'il y avait eu consultations en 2004, 2005, 2006 et 2007 et qu'entre 100 et 150 personnes y ont participé en moyenne, chaque fois. «Il est grand temps d'arrêter de comparer les contenus des pétitions», a-t-il martelé, réitérant les étapes: Consultations, mise en place d'un comité qui existait déjà et auxquels d'autres citoyens se sont ajoutés, réunion en juin. «De façon majoritaire, le plan a été choisi. Oui, ça a été fait démocratiquement.» Ce à quoi le résidant a répliqué: «Si je faisais une pétition de 800, de 1000 noms de tout l'arrondissement, est-ce que ça passerait?» Le conseiller de répondre: «La ligne est tracée. Vous avez eu quatre ans pour participer.»
Résidant de la rue Sauriol, Louis Dusseault dit avoir constaté une forte hausse du volume de véhicules sur celle-ci. Le conseiller St-Onge a admis que cela a été vérifié par comptages, avant même les nouvelles mesures, il y a augmentation. «Il faudra rencontrer les citoyens pour cerner le problème», a-t-il ajouté.
Christian Bergeron, qui réside depuis 20 ans sur Terrasses Garnier, a dit n'avoir jamais vu autant de congestion dans le secteur Garnier/Fleury/Sauriol. «Quand il y a du trafic, on ne peut plus passer, a-t-il décrié. Avez-vous réalisé que votre décision n'est pas bonne?» Ce à quoi M. St-Onge a soutenu qu'il avait eu des commentaires de d'autres citoyens que «ça va bien». Il a tenu également à préciser que ce n'était pas lui seul, le conseiller, qui avait décidé. Qu'à cela ne tienne, M. Bergeron lui a lancé: «la seule solution qu'on a est de vous changer, vous!»
Une sortie remarquée
En pleine période de questions, Giovanna Giancaspro est sortie de la salle du conseil, furieuse. Alors qu’elle croyait que c’était son tour de parole, la mairesse, Marie-Andrée Beaudoin, lui a signifié qu’elle aurait son tour plus tard, compte-tenu que le sujet qu’elle voulait aborder était en lien avec le dossier de la circulation. C’est qu’au conseil, après trois interventions sur le même sujet, on passe à un autre sujet, puis on y revient. Décriant haut et fort l’affirmation de la mairesse, Mme Giancaspro a répété plusieurs fois avant de sortir que c’était un mensonge, qu’elle voulait parler des parcomètres et que c’est ce qu’elle avait inscrit sur formulaire à remplir avant la séance.
«Ça fait six mois que j’attends ma réponse. Les parcomètres sont fonctionnels jusqu’à 18h00 sur Chabanel alors que sur Fleury, c’est jusqu’à 21h00. Pourquoi? Nous perdons beaucoup de clientèle au restaurant et les gens, quand ils se plaignent, c’est à nous qu’ils le font!», a-t-elle expliqué, le lendemain. Elle a d'ailleurs écrit au maire Tremblay. «Je veux des excuses.»
Selon le formulaire que Mme Giancaspro a rempli, et dont nous avons obtenu copie, les deux questions qu’elle voulait soulever étaient : «les parcomètres; le réaménagement du quartier (Fleury-Curotte)». Mme Giancaspro est indignée. Sa deuxième question portait, a-t-elle assuré, non pas sur la circulation mais bien sur les travaux sur la Promenade Fleury, dont notamment, le nouvel éclairage dans le cadre du plan triennal d'aménagement de l'artère dans lequel l'arrondissement a investi. Mme Giancaspro est, rappelons-le, l'initiatrice d'une pétition contre la hausse des tarifs et des heures des parcomètres sur la Promenade Fleury et est membre du conseil d'administration de cette Société de développement commercial.
Francine Caron
Commentaire mis en ligne le 13 septembre 2008Je cherche encore où signer une pétition... et j'espère que notre « belle mairesse » qui parade beaucoup plus qu'elle ne s'inquiète du bien-être de ses citoyens ÉLECTEURS (je pense qu'elle oublie ce passage) va prendre une belle débarque aux prochaines élections et qu'elle sera obligée de retourner vraiment travailler au lieu de vivre à nos crochets (apparemment qu'elle a de superbes beaux locaux richement décorés... toujours à nos frais!!!)
Francine Caron
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