Des parents contestent le transfert de leur fille trisomique
De Sophie-Barat à une école spécialisée
Une jeune fille présentant une trisomie 21, associée à une incapacité intellectuelle, qui fréquente depuis quatre ans l'école secondaire Sophie-Barat, dans le quartier Ahuntsic, pourrait devoir, en septembre prochain, débuter et compléter son cinquième secondaire dans une école spécialisée, suite à la recommandation de la direction de son école actuelle. Les parents dénoncent cette situation et en appellent de cette décision.
«Les parents se prévalent de leur droit de révision de la décision de la direction de l'école, ce qui est une procédure normale prévue dans la loi sur l'instruction publique. Le conseil des commissaires se penchera sur cette question cette semaine et rendra sa décision», indique la présidente de la CSDM et commissaire du quartier scolaire d'Ahuntsic, Diane De Courcy.
Quant à la directrice de l'école Sophie-Barat, Chantal Galarneau, elle explique que la jeune fille a vécu des moments difficiles, lors de la présente année scolaire, jusqu'à ce qu'elle parte en vacances pendant six semaines, en février, avec ses parents. «À son retour de vacances, elle était plus positive, plus sociable avec les enseignants. Oui, elle allait mieux, mais, les mois d'avant, ça n'allait pas. Elle pleurait souvent, disait avoir mal au ventre, ne voulait pas aller à ses cours, marchait le long des corridors, les yeux rivés au sol. Je ne voudrais pas la remettre dans la situation où elle était malheureuse», affirme-t-elle. «J'ai proposé qu'elle aille à l'école Irénée-Lussier, une école spécialisée où il y a des élèves trisomiques âgés entre 16 et 21 ans. Et comme la maman m'a demandé si j'y avais déjà mis les pieds et que je n'y suis effectivement jamais allée, je lui ai dit que j'irais visiter cette école et qu'après, je lui dirais si je maintenais ma recommandation.» La visite a été effectuée mercredi dernier, en compagnie de spécialistes. Mme Galarneau convient que la jeune fille n'a pas de problème de comportement, mais elle estime que pour son épanouissement, le changement d'école serait bénéfique. «L'année du quatrième secondaire s'est avéré difficile et ses résultats aussi », affirme-t-elle.
Les parents ne sont pas du même avis. Ils estiment que leur fille s'est bien intégrée en classe régulière depuis toutes ces années et dit avoir eu plusieurs témoignages de ceux qui la côtoient à l'appui. «Quels sont les motifs pour chambouler la vie de ma fille pour sa dernière année du secondaire, alors qu'elle a fait ses quatre premiers années à Sophie-Barat?», questionne sa mère, Sylvia G. Lopez, qui a écrit une lettre à Mme De Courcy et dont le Courrier Ahuntsic a reçu copie. Mme Lopez soutient qu'à la rencontre du 2 juin, relative au plan d'intervention adapté, à laquelle participaient entre autres le conseiller pédagogique, l'orthopédagogue et l'accompagnatrice de la jeune fille, celle-ci avait atteint tous les objectifs du PIA. Toutefois, la directrice de l'école dit avoir pris en considération l'ensemble de l'année scolaire et non pas seulement depuis son retour en avril. Les rencontres du PIA s'effectuent aux deux à trois mois.