Fort de ses 15 ans d'action communautaire dans le quartier, le Service d'action et de nutrition communautaire (SNAC) a ouvert, au début du mois, son nouveau service destinés aux plus démunis. Mmes Brigitte Dubeau, organisatrice communautaire et Anne Gagnon, directrice, oeuvrent au sein de l'organisme depuis presque le tout début de ce dernier.
(photo: Jacques Pharand)
L’épicerie communautaire ouvre ses portes au SNAC
Le 15e anniversaire de fondation du Service d’action et de nutrition communautaire (SNAC) marque l’ouverture du projet d’épicerie communautaire. Les Ahuntsicois vivant sous le seuil de la pauvreté peuvent, depuis le début du mois de janvier, y choisir des denrées périssables et non périssables à 50 à 60% du coût qu’il faudrait payer au supermarché.
«Au fil des ans, nous avons consolidé l’équipe et les différents services offerts, dont le comptoir dépannage, les cuisines collectives et le Magasin-Partage, ce dernier étant réservé à la période des Fêtes. Nous sommes rendus là», explique la directrice, Anne Gagnon. «Nous travaillions sur ce projet depuis quatre ans. Celui-ci a été déposé à Centraide, des études ont été effectuées et nous avons visité des projets semblables pour nous aiguiller. Ce que nous voulons, c’est favoriser la prise en charge et l’autonomie des personnes qui font appel à ce service d’épicerie communautaire», précise-t-elle. Centraide a accordé une aide financière de 30 000$, échelonnée sur trois ans, pour la mettre sur pied.
Le SNAC veut embaucher un intervenant psychosocial, de façon permanente, pour les trois prochaines années, afin d’assurer le volet de prise en charge qui comporterait notamment des sessions d’information nutritionnelle et budgétaire. «Nous voulons que les participants s’impliquent dans une démarche personnelle. Nous avons déposé une demande pour le prochain programme triennal qui débute au 1er avril 2008», souligne Mme Gagnon.
Le jeudi
Pour le moment, l’épicerie communautaire est ouverte le jeudi, de 9h30 à 11h30 et de 13h30 à 15h30. Les gens s’y inscrivent à leur arrivée auprès des bénévoles accompagnateurs, avec preuves de résidence et d’identité. La limite maximale est de 20$ par semaine pour une personne et un montant de 5$ par personne supplémentaire est demandé, jusqu’à un maximum de 40$ par semaine. La carte de membre est de mise.
«Nous avons de la viande au prix coûtant, que nous achetons dans une boucherie du quartier. Nous voulons aussi instaurer les œufs. Évidemment, les céréales sucrées et les biscuits, bien qu’ils soient appréciés, ne sont pas nos priorités : Nous tentons d’offrir avant tout des éléments nutritifs, lance Mme Gagnon. Nous allons aussi vérifier avec notre clientèle quels sont ses besoins.»
Dépannage alimentaire d’urgence
Le dépannage alimentaire d’urgence est toujours disponible. Le mercredi, de 13h00 à 14h30, c’est jour d’inscription, avec preuves de précarité de revenus, de résidence et d’identité. On fixe ensuite des rendez-vous, le jeudi. La fréquence en est déterminée par le calcul des revenus versus les dépenses. Ces personnes sont conviées aux activités du SNAC et sont référées à d’autres organismes en cas de besoins. Lors de la distribution, elles reçoivent des sacs de denrées remplis en fonction des arrivages des donateurs et du nombre de personnes dans la famille.
En 2007, le SNAC répondu à 2 290 dépannages réguliers et à plus de 290 dépannages d’urgence. Avant la mise en place de l’épicerie communautaire, toutes les demandes d’aide étaient acheminées au service de dépannage alimentaire.
Diverses raisons amènent les gens à contacter le SNAC pour ces services : Une perte d’emploi, des problèmes de santé mentale, une situation familiale difficile telle que famille monoparentale ou séparation. Il ne faut pas sous-estimer l’incidence des «poches» de pauvreté, bien existantes dans le quartier, rappelle Mme Gagnon.
Quant au profil de la clientèle, 79% de celle du Magasin-Partage est née hors Québec, alors que 55% de celle du dépannage d’urgence est née hors Québec, relate-t-elle.
Un nouveau local de cuisine collective
Les ateliers de cuisine collective ayant pris beaucoup d’ampleur, Centraide a octroyé un montant supplémentaire de 15 000$ pour l’aménagement d’un nouveau local qui sera destiné exclusivement à la cuisine collective, cinq jours par semaine. «Nous aurons même un coin pour les enfants, mentionne avec enthousiasme, Mme Gagnon. Nous avons déposé une demande de financement à d’autres bailleurs de fonds et attendons les réponses.»
Financement et récurrence
C’est aussi en cette année du 15e anniversaire que le SNAC lancera une campagne de financement, dans le cadre d’une planification stratégique étalée sur trois ans. «Nous avons établi une crédibilité dans notre champs d’expertise et nous jouissons d’une reconnaissance dans le milieu. Nous voulons nous assurer d’une certaine récurrence et d’une stabilité au niveau financier», relate la directrice qui soulève l’importance de l’organisme au sein du quartier.
Rappelons que la mission du SNAC est de contrer la sous-alimentation par le biais de l’information, de l’éducation et de l’action communautaire, actions qui reposent sur le respect, la dignité des individus et la confiance en leur capacité à développer leur propre prise en charge. Le SNAC est membre de la Table de Concertation sur la Faim et le Développement Social du Montréal Métropolitain, du Regroupement des Magasins-Partage, de Solidarité Ahuntsic, du Regroupement des cuisines collectives du Québec et du Collectif des groupes d’achats.
L’équipe en poste, dont certains employés y travaillent depuis plusieurs années, est épaulée par quelque 120 bénévoles. Le personnel est composé de quatre permanentes : la directrice, l’organisatrice communautaire, l’animatrice et la cuisinière; et de cinq personnes en programmes d’employabilité : trois manutentionnaires, un chauffeur et une commis au comptoir de dépannage.
La directrice, Anne Gagnon, cumule 12 années de loyaux services à la cause. Alors qu’elle était la seule permanente du SNAC, Mme Gagnon a succédé à Mme Claude Appleman, à la barre de l’organisme. Mme Appleman, qui est à la tête du Créca, un organisme d’aide en alphabétisation dans le quartier, a repris du service, à la demande de Mme Gagnon, à titre de membre du conseil d’administration du SNAC depuis maintenant deux ans. «Elle est un guide pour moi. Elle connaît bien notre mission et nos services. Elle est de bon conseil», spécifie Mme Gagnon.
Les locaux du SNAC sont situés au centre communautaire Ahuntsic, au 10780 rue Laverdure. Pour toute information ou demande d’aide, on contacte le SNAC en composant le 514 385-6499 ou par l’entremise de l’adresse info@snac-ahuntsic.org
Des services bien ancrés
-Épicerie communautaire (nouveau)
-Comptoir de dépannage alimentaire
-Trois ressources de repas communautaires (Benoîteries, Firmenu, St-Paulin)
-Cuisines collectives
-Groupes d’achats
-Magasin-Partage
-Distribution de trousseaux scolaires
-Sorties de groupes
-Informations et références
(photo: Jacques Pharand)
(photo: Jacques Pharand)
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