C'est visiblement avec beaucoup de joie que le Chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, a appuyé une fois de plus sa candidate dans le comté fédéral d'Ahuntsic, l'actuelle députée, Maria Mourani. Celle-ci était d'ailleurs l'une de ses candidates vedettes lors des dernières élections. (photo: Martin Alarie)
Maria Mourani, prête pour des élections
Avec l'appui indéfectible du Chef du Bloc, Gilles Duceppe
Maria Mourani est prête, une fois de plus, pour des élections au niveau fédéral comme représentante du Bloc Québécois dans le comté d'Ahuntsic. Lors de l'investiture tenue dimanche dernier, au cours de laquelle la confirmation de sa candidature n'a été qu'une formalité, l'actuelle députée fédérale de cette circonscription a reçu l'appui indéfectible du Chef du parti, Gilles Duceppe.
La porte-parole adjointe en matière de sécurité publique et auteure du livre «La face cachée des gangs de rue» a également reçu les hommages des députées péquistes Lisette Lapointe (Crémazie) et Louise Harel (Hochelaga-Maisonneuve) ainsi que de Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).
Mme Mourani a été élue pour un premier mandat lors des élections en janvier 2006, remportant la victoire sur l'ex-députée libérale, Mme Eleni Bakopanos, après une lutte serrée. Elle était l'une des candidates vedettes de M. Duceppe.
Chevaux de bataille
Mme Mourani a remercié ses militants et a rappelé l'importance du travail de concertation qui s'est instauré avec les différents partenaires du milieu, à son initiative, dans des dossiers-clés tels que: l'Opération supplément de revenu garanti pour la sécurité financière des aînés, le sauvetage du financement du programme Placement Carrière Été, et les divers forums d'information et de sensibilisation dont le tout récent, sur la prévention de la criminalité chez les jeunes.
«J'ai bien l'intention de poursuivre la lutte à la criminalité et aux graffitis, pour la sécurité des jeunes, des familles et des aînés par la prévention, et continuer de travailler avec les partenaires, affirme-t-elle en entrevue. Quant au dossier du programme Placement Carrière Été, ce n'est pas fini. Le gouvernement Harper parle encore de coupures de 45 millions $. Nous allons nous mobiliser bientôt, une fois de plus», ajoute-t-elle. Par ailleurs, la tenue de forums sur différents sujets touchant les citoyens de la circonscription, sera toujours à l'agenda. «Un sujet qui me préoccupe particulièrement est le logement social: Il en manque cruellement. Au bureau de comté, il y a un attaché politique qui s'occupe uniquement de ce dossier», précise-t-elle.
«L'organisation est prête pour les élections. Même si le discours du Trône est passé, ça ne veut rien dire. On peut être en élections n'importe quand. Quant à moi, nous sommes déjà en mode élections», lance-t-elle.
Projet de loi sur la criminalité
Criminologue de formation et ayant pratiqué dans le milieu, Mme Mourani rappelle que le projet de loi sur la criminalité présenté récemment par le gouvernement conservateur «reprend plusieurs lois discutées antérieurement et dont 80% d'entre elles avaient déjà été acceptées par le Bloc. C'est du réchauffé», commente-t-elle, à notre demande. «On analyse encore le projet de loi, qui comporte 56 pages. Il reste quelques détails à vérifier et je ne sais pas quel sera notre vote final là-dessus», soutient-elle au moment de notre entretien.
«Certains projets de lois sont intéressants: celui qui augmente l'âge du consentement, afin de lutter contre les délinquants sexuels, et qui fait passer l'âge de 14 à 16 ans, est un bon exemple. En cas de pédophilie, dans le cas d'une victime de 14 ans, prise au niveau psychologique par son agresseur, on pourrait laisser croire à un consentement… Ce projet de loi a fait l'unanimité», explique-t-elle.
Le projet de loi sur le renversement de la preuve dans le cas d'un acte criminel avec arme à feu en est un autre. «Par exemple, un individu est arrêté pendant un hold-up. Il passe devant un juge. Le procureur doit démontrer au juge qu'il est dangereux et qu'il ne peut être libéré sous caution. Avec le projet de loi, c'est le délinquant, par l'entremise de son avocat, qui doit prouver qu'il n'est pas dangereux», relate-t-elle.
«Dans le combat à la criminalité, ce que le gouvernement conservateur ne comprend pas, c'est qu'on ne peut pas miser seulement sur la répression, déplore la députée. Les États-Unis est le pays le plus répressif, glisse-t-elle. Pour faire une lutte intelligente, il faut de la prévention, de la réhabilitation et oui, de la répression parce qu'on ne vit pas au pays des merveilles, tout de même!»
Elle note toutefois que pour certains délits, la réhabilitation est très difficile. «La pédophilie, ça ne se guérit pas, mais ça peut se contrôler si l'individu a conscience de ce qu'il fait et qu'il a des remords et de la compassion pour sa victime. Certains pédophiles ont le vouloir de se contenir avec de l'aide. Toutefois, dans le cas de pédophiles ayant des problématiques mentales, --j'en ai vu plusieurs—ils ne devraient jamais sortir de prison», affirme-t-elle.
Elle poursuit ses exemples en parlant de la criminalité: «C'est une business de milliards de dollars. Pour certains, la réhabilitation, c'est une joke. Pour d'autres, qui vivent une souffrance, comme par exemple, des ex-membres de gangs de rue, ils vont vouloir se réhabiliter», conclut-elle.
«Chaque être humain est différent, il faut individualiser l'action en fonction des agissements de chacun», estime-t-elle.
Politiques sociales et pratiques
C'est dans cette optique que Mme Mourani prêche pour des politiques sociales généreuses: conciliation travail-famille, occuper les jeunes, notamment en maintenant les programmes d'employabilité l'été et lutter contre la pauvreté et l'exclusion. «Couper dans le programme sur l'alphabétisation et dans le programme Placement Carrière Été comme l'a fait le gouvernement conservateur, ça n'a pas de sens, alors que le premier lutte contre la pauvreté et l'exclusion et que le deuxième touche principalement les adolescents», relève-t-elle.