Nicolas Bellemare, vice-président aux finances de Bizbille.(photo:Jacques Pharand)
Des jeunes de Sophie-Barat nommés entrepreneurs de l'année
À une époque où les jeunes sont souvent taxés de paresse et de manque d'initiative, 25 étudiants de cinquième secondaire de l'école Sophie-Barat ont démontré, durant l'année scolaire, que toute généralisation n'est pas bonne à faire.
Dans le cadre du projet Jeunes entrepreneurs qui vise à développer l'esprit d'entreprise chez les jeunes de 16 à 20 ans, l'équipe présidée par Ariane Martin a créé Bizbille, une compagnie de colliers et de boucles d'oreilles qui a remporté le titre d'entreprise de l'année pour la région de Montréal.
«C'est tout un engagement», souligne Nicolas Bellemare, vice-président aux finances de Bizbille. Comme c'est une activité extra-scolaire, qui n'est pas en lien avec l'école, les réunions avaient lieu le soir, de façon hebdomadaire. «Ça demande de l'organisation, car il y avait une soirée par semaine qu'on ne pouvait consacrer aux études ni aux devoirs.»
C'est ainsi que d'octobre à juin, ils ont dû élaborer un concept d'entreprise, lui trouver un nom, créer un site Internet, acheter les matières premières, produire eux-mêmes les bijoux, les vendre, gérer les revenus et les dépenses, et finalement, produire le rapport annuel de l'entreprise.
Au cours de ce processus, chaque entreprise est appuyée par au moins un professionnel du monde des affaires. Directeur de projets du CIRANO, centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations, Nicolas Perreault était en charge de Bizbille. «Dans notre société, où le système public est généralement malmené dans les médias, je trouve rafraîchissant de voir qu'il y a aussi du bon qui en ressort», souligne M. Perreault par voie électronique au sujet de la victoire de Bizbille, qui était en compétition avec des entreprises provenant d'écoles privées de grande renommée comme Brébeuf et Jean-Eudes.
Expérience constructive
Au cours de l'année scolaire, chacun des 25 membres de Bizbille avait un rôle précis ce qui rendait l'expérience réaliste. La compagnie était gérée comme dans le monde des affaires: les membres de l'équipe étaient actionnaires! «Au départ, nous avions besoin de fonds pour débuter nos activités, si bien que nous avons tous acheté une action au coût de 5$», précise Nicolas Bellemare.
L'entreprise a enregistré plus de 3 000$ en vente durant sa durée de vie. Les actionnaires entrepreneurs ont récolté entre 16$ et 48$ lors de la cessation de leurs activités, selon leur niveau d'implication.
Bien que ce soit un maigre salaire compte tenu des nombreuses heures investies à la mise sur pied et au bon fonctionnement de l'entreprise, le bagage d'expérience acquis, pour sa part, vaut son pesant d'or.
«Dans n'importe quel domaine où tu vas, tu peux te partir une business, de souligner Nicolas Bellemare. En ce sens, le projet Jeunes entrepreneurs peut être très utile. En plus, c'est un accomplissement qui donne confiance en soi.» Il assure aussi que c'est une valeur ajoutée à tout curriculum, surtout que le projet est financé par plusieurs entreprises privées.
Ce type d'expérience permet aux étudiants d'en apprendre beaucoup sur le côté pratique du monde des affaires alors que l'école secondaire se caractérise plus par son enseignement théorique. Pour certains, un tel projet peut s'avérer une révélation. «Avant de m'inscrire, je savais déjà que je voulais me diriger en finances, affirme celui qui poursuivra ses études en sciences humaines, profil administration au Cégep Bois-de-Boulogne à compter de septembre. De ce côté-là, rien n'a changé. Toutefois, ça m'a appris la démarche d'entreprenariat.»