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Industrie du cinéma: Montréal reprend du poil de la bête

Guillaume Picard par Guillaume Picard
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Article mis en ligne le 15 août 2007 à 15:00
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Industrie du cinéma: Montréal reprend du poil de la bête
Les tournages à Montréal sont nombreux, année après année. D’ailleurs, Montréal est l’un des centres de production les plus important d’Amérique. (Photo: Studio Mel’s)
Industrie du cinéma: Montréal reprend du poil de la bête
Le tournage du blockbuster The Mummy III, en cours depuis quelques jours à la Cité du cinéma, est révélateur du retour des beaux jours à Montréal après trois années difficiles marquées par la défection des studios américains et la dégringolade du volume de production.
Déjà au printemps, quand Brad Pitt est débarqué au centre-ville pour tourner The Curious case of Benjamin Button avec le réalisateur David Fincher, celui-là même avec qui il avait tourné les succès Se7en et Fight Club, toute la ville s’est emballée pour le beau mari d’Angelina Jolie.

Au Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), on croit que l’année 2007 pourrait générer un volume de production dépassant les 250 M$ et des retombées de plus d’un milliard de dollars, dont près de la moitié en salaires. De quoi mettre du pain et du beurre sur la table de quelque 35 000 personnes qui travaillent dans les 500 entreprises de l’industrie du cinéma au Québec.

Déjà, en juillet, les résultats dépassaient de moitié ceux de l’année 2006, annonçant une reprise après trois années qualifiées de difficiles.

Douze longs métrages québécois sont en tournage cet été, ainsi que 15 séries télé et quatre films américains, dont Mr. Nobody et Afterwards.

Michel Trudel, le propriétaire de la Cité du cinéma, le plus grand complexe cinématographique en Amérique du Nord, affirme que 2007 « est une bonne année pour toute l’industrie. Plusieurs conflits qui traînaient depuis 2004 ont été réglés du côté des syndicats et des producteurs. Maintenant, les producteurs étrangers savent avec qui travailler et ça va beaucoup mieux. »

Par contre, M. Trudel voit déjà poindre à l’horizon un autre conflit, annoncé pour juillet 2008, celui-ci au niveau des acteurs américains. Un autre coup dur pour Montréal?

« Ça pourrait nous faire mal, car les studios voudront tourner rapidement avant l’été et retarder d’autres projets. S’il n’y a finalement pas de conflit, ce sera quand même mortel, car le mal sera fait et la machine sera au ralenti pour plusieurs semaines ou mois », explique M. Trudel qui gère 18 studios de tournage à Montréal et Saint-Hubert.

Courtiser Hollywood n’est pas de tout repos. Plus de 35 États disposent maintenant d’incitatifs et d’allègements fiscaux pour attirer les grands studios californiens. L’Europe de l’Est et l’Asie réclament aussi leur dû et tournent de plus en plus.

« Notre objectif, indique Hans Fraiquin, le commissaire national du BCTQ, c’est de continuer à remonter la pente et de s’assurer que Montréal soit un centre de production de calibre international. Nous avons toujours été derrière Toronto et Vancouver, mais nous visons à les rejoindre d’ici trois ans. »
Un crédit d’impôt pour le tournage en région
Au BCTQ, après une rencontre avec la ministre de la Culture et des Communications, Christine Saint-Pierre, juste avant les vacances estivales, on a insisté sur l’importance « de mettre en place des incitatifs plus alléchants et compétitifs », dit M. Fraiquin. Les productions locales ont beau accaparer les trois quarts du volume de production, « reste qu’économiquement parlant, sans les productions étrangères, ce n’est pas pareil pour Montréal. Les Américains nous aident en termes de cash flow », relate Daniel Bissonnette, directeur général du Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal, organisme qui coordonne les tournages avec les arrondissements depuis 1979.
M. Bissonnette souhaite pour sa part la mise en place d’un crédit additionnel pour soutenir les tournages en région.

« Les syndicats ont convenu d’une zone de 25 km dont le point central est le métro Papineau. Ils ont un tarif plus élevé en dehors de ce périmètre. Un crédit de 6 à 7 %, par exemple, pourrait attirer des films qui, autrement, vont ailleurs. Ça ne coûterait pas nécessairement très cher et ça nous rendrait très concurrentiels. Même Montréal en profiterait, ses artisans aussi, ainsi que les gouvernements et les régions. »

Selon lui, les gouvernements «récupèrent largement leur investissement sur les impôts des travailleurs et les taxes perçus à gauche et à droite. Même avec le crédit d’impôt qui est passé de 11 à 20 % au Québec, le gouvernement est gagnant. »
Montréal, l’un des 10 plus importants centres de production en Amérique
-35 000 emplois

-500 entreprises de production et de postproduction

-1 milliard et plus de retombées chaque année, dont près de 50 % en salaires

-75 % du volume de production lié à des œuvres locales

-16 % crédit d’impôt fédéral

-20 % crédit d’impôt québécois

-500 productions diverses en 2006

-5000 permis de tournage délivrés en 2006

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