Emmanuelle Dupal, technicienne en documentation, travaille au Collège André-Grasset.
(Photo: Jacques Pharand)
Les 4e année se déchaînent!
Le premier roman jeunesse d'Emmanuelle Dupal, une résidente d'Ahuntsic, traite des rapports de pouvoir et des tensions entre les jeunes à l'école. Pour écrire Sabotage en 4e année , l’auteure s’est inspirée de ses observations durant plusieurs années de bénévolat en bibliothèque scolaire et au sein de l'association de baseball du quartier
Emmanuelle Dupal est passionnée de lecture. Elle a choisi d'exercer le métier de bibliothécaire pour être plus près des livres. Pour aider sa fille alors étudiante au Collège Mont-St-Louis à progresser dans la langue de Shakespeare, elle a été jusqu'à écrire un roman en anglais, avec une héroïne à son image.
Son premier roman en français, qui vient d'être publié aux Éditions de la paix, lui a été inspiré par son fils, élève à l'école Saint-André-Apôtre. Quelques élèves de 4e année de cet établissement ont d'ailleurs accepté de critiquer les premiers chapitres du manuscrit. «Leurs commentaires, très positifs, m’ont beaucoup encouragée», souligne l'auteure.
Fine observatrice des comportements des jeunes, Emmanuelle Dupal traite avec humour d’un sujet bien d’actualité : l’intolérance et la discrimination entre camarades. À l’école que fréquente Clément Le Gall, un nouvel élève fait son entrée. Alex, le chef de bande, lui déclare aussitôt la guerre. Rapidement, la situation dégénère et Clément se retrouve pris entre deux feux. Bientôt, intimidation, coup de théâtre et sabotage rendent la vie des élèves de 4e année intenable, jusqu’à ce que Clément, Amin, Alex et les autres se retrouvent devant un tribunal d’école. La menace d’une expulsion plane. Comment se sortiront-ils du pétrin?
Faire passer le message par le rire
«Mon intention première est de divertir, car le message passe mieux par le rire», indique Mme Dupal. «Les jeunes ne se rendent pas compte du rôle qu'ils jouent dans un groupe. Ils le font de manière inconsciente. La vie en groupe prédispose au conformisme, à l’effet d’entraînement et à une certaine forme d’intolérance à la différence.»
Le divertissement permet d'amorcer une réflexion et de prendre une certaine distance face aux personnages et aux situations. «Cela nous aide à ne pas parler de nous, mais plutôt à réfléchir à ce que l'on pense de ces situations», croit l'auteure, qui pense que son livre pourrait être utilisé par les professeurs comme outil de départ à des forums de discussion en classe pour désamorcer les phénomènes d’exclusion
La fête de Norouz
Pour symboliser cette différence, elle a choisi de donner à Clément des parents d'origine iranienne. L'intrigue débute lors de la fête de Norouz, le Nouvel An iranien, fêté le premier jour du printemps. L'auteure a eu l'occasion de découvrir cette fête invitée par un couple d'amis. Elle a été charmée par la simplicité et l'espoir qui se dégage de cette fête méconnue. «On associe souvent des choses sombres au monde arabe. J'ai eu envie d'apporter un peu de lumière en soulignant l'aspect joyeux et positif de cette célébration méconnue des occidentaux», confie-t-elle.
Le roman se complète d’un site Internet dans lequel on trouve des jeux (mots croisés, etc.) en rapport avec l’histoire et avec la fête de Norouz. De plus, par le biais du site, on peut écrire à l'auteure qui se fait un plaisir de répondre aux courriels de ses lecteurs. Dans quelques semaines, une page supplémentaire sera mise en ligne afin de prolonger le plaisir de la lecture en répondant à certaines questions que les jeunes sont susceptibles de se poser sur les personnages et le déroulement de l'intrigue.
Le prochain ouvrage auquel s'attaquera Emmanuelle Dupal sera un roman fantastique destiné aux 12-15 ans. «Le défi de changer de niveau de langue pour m'adresser à des ados m'intéresse», déclare cette fan de la trilogie du Seigneur des anneaux . À suivre !
Sabotage en 4e année, Éditions de la Paix.
(Photo: Jacques Pharand)