En plus du logo de l'Écol-O-Bus, le marquage sur le trottoir de la rue de Salaberry, entre les rues Grenet et Guertin, présente de grands crayons qui zigzaguent et de belles vagues bleues.
«C'est un projet qui nous tenait à coeur, a souligné Jean-Baptiste Dupré, chargé de projet en transports alternatifs à l'éco-quartier Ahuntsic-Cartierville. On y pensait déjà l'année dernière, à partir du moment où on a lancé le pédibus. C'était vraiment très important de pouvoir rendre la rue plus attrayante et plus accueillante pour encourager davantage les enfants à marcher.»
Projet unique
À tous les jours, une quinzaine d'élèves de l'école Sainte-Odile se rendent à l'école à pied via l'Écol-O-Bus. Ce service d'accompagnement scolaire a été mis en place par l'éco-quartier Ahuntsic-Cartierville en septembre 2010. Le pédibus Saint-Odile est le seul qui se fait sur une base quotidienne, durant toute l'année au Québec.
Cette initiative permet d'amener les enfants vers l'école en toute sécurité en les incitant à utiliser la marche comme mode de transport tout en réduisant l'émission de gaz à effet de serre.
Le succès d'un tel projet repose sur l'engagement des parents, car en plus du guide principal embauché pour l'Écol-O-Bus, des bénévoles doivent accompagner le groupe chaque matin par alternance.
«Je remercie les parents qui ont accepté de changer leurs comportements cette année, d'utiliser davantage la marche au détriment de l'auto. Ça donne de beaux résultats. Beaucoup de familles ont été conscientisées à ce problème qu'est l'usage intempestif de l'auto pour des petits déplacements», a ajouté M. Dupré.
Nike Fakored est parmi les parents bénévoles. Elle fait le chemin à pied avec le groupe un ou deux matins par semaine. «Mon fils aime ce service qui lui permet d'être avec ses amis, a-t-elle indiqué. De mon côté, ça me permet de marcher avant d'aller travailler.»
Michel Trottier de l'organisme Québec en forme, partenaire du projet, s'est dit heureux de collaborer à une initiative qui change notre environnement. Il a rappelé que dans les années 1970, 80% des jeunes marchaient pour se rendre à l'école, alors qu'aujourd'hui, la proportion atteint seulement 34%.
«Des fois, on se casse la tête pour que les jeunes fassent plus d'activités physiques au quotidien. Avec ce projet, plusieurs élèves réalisent les 30 à 60 minutes nécessaires par jour pour être en forme», a-t-il mentionné.
Depuis les débuts du projet, la fréquentation n'a cessé d'augmenter, permettant à l'Écol-O-Bus de transporter près de 1698 «passagers» vers l'école Sainte-Odile.
Avec les dessins au sol, l'éco-quartier invite également tous les résidents à s'interroger sur leurs habitudes de déplacement et à envisager la marche plutôt que l'auto pour leurs trajets les plus courts.
D'autres pédibus
Le 19 septembre, les élus de l'arrondissement ont remis une contribution financière à l'éco-quartier visant à implanter sept autres pédibus sur le territoire. Les écoles concernées sont Louisbourg, Alice-Parizeau, Saint-Simon-Apôtre, Christ-Roi, François-de-Laval et Louis-Colin.
