L'un des plus importants centres commerciaux de Saint-Laurent n'a pas été épargné par la vague de morosité économique. «Oui, comme dans plusieurs autres industries ou secteurs, la crise s'est fait sentir, on n'est pas à l'abri de ça, confirme Michael Bonetto, directeur de La Place Vertu. Quand il y a des difficultés du point de vue monétaire, le commerce de détail en souffre en premier lieu.»
D'après lui, la foire alimentaire du centre, redéveloppée récemment avec l'ajout de plusieurs opérateurs, a été particulièrement touchée. «Les gens ont dépensé de moins en moins, venaient chez nous avec leur lunch plutôt que d'acheter un repas complet», dit le directeur.
L'ampleur du phénomène n'a pas, cependant, entraîné de fermeture. Le centre commercial continue d'effectuer ses améliorations. Le bât blesse du côté de la recherche de nouveaux locataires. «Ça a rendu la tâche beaucoup plus difficile car beaucoup se sont vu imposer des restrictions de leur compagnie au niveau des dépenses en capital», analyse M. Bonetto.
La reprise pointe-t-elle à l'horizon? «On la voit un peu, mais c'est faible en ce moment-ci, il y a toujours une certaine crainte encore dans le marché. Mais je crois fermement que cela va reprendre dans les mois à venir.»
La réfection de la façade du centre commercial s'achève tranquillement et vient terminer la partie construction du projet de redéveloppement. La Place Vertu cherche actuellement de nouvelles enseignes pour diversifier l'offre du centre.
Peu d'impact de la récession
Aux Galeries Normandie, c'est un autre son de cloche. La crise économique ne semble pas véritablement avoir affecté les commerces, affirme-t-on à la direction du centre commercial. Il n'y a pas eu de baisse drastique, ni de hausse fulgurante depuis la relance économique, indique-t-on. First Capital Realty, propriétaire des Galeries Normandie, n'a pas perdu de locataires. Selon la direction, les commerces se maintiennent puisqu'ils répondent aux besoins des résidents du secteur.
Le Marché central
Situé au carrefour des autoroutes 15 et 40, le Marché central est l’un des plus vastes mégacentres commerciaux au Canada avec une superficie de plus d’un million de pieds carrés et 60 locataires. Environ 10 millions de visiteurs s’y rendent chaque année et d’après son directeur général, Michel Caumartin, ce nombre n’a pas vraiment diminué lors de la crise économique.
«Au début de la crise, je n’entrevoyais pas de chute importante. Les ventes de Noël ont été assez bonnes et le reste de l’année a été plutôt stable. En 2010, "so far, so good", mentionne M. Caumartin. Ceux qui avaient subi des baisses remontent tranquillement, mais je ne sais pas si la consommation va atteindre le même niveau qu’avant. Les gens sont peut-être plus prudents et c’est bien en soi.»
Géré par Bentall LP, le Marché central regroupe principalement des chaînes nationales, ce qui, selon M. Caumartin, lui a permis de mieux s’en tirer que d’autres. «Ce sont des entreprises qui ont les moyens d’absorber des baisses de 5% à 10%. En plus, elles ont très prudentes durant la crise, donc il n’y a pas eu vraiment de grosses baisses.»
Même si le terrain sur lequel il se trouve ne permet plus l’expansion, M. Caumartin croit que le Marché central peut encore augmenter sa croissance économique. «Nous cherchons constamment à améliorer le site. Ainsi, nous allons continuer à renouveler l’aménagement extérieur et changer la façon de magasiner.»
