Depuis décembre 2008, la crise a mis son nez partout dans le monde, y compris au Québec et au Canada. Si statistiques et tableaux exhibent toutes sortes de courbes descendantes, si les annonces de fermetures d'entreprises occupent cinq minutes au téléjournal, le destin de milliers de personnes s'est infléchi, irrémédiablement.
Pour nourrir et illustrer l'aspect humain de ce tournant historique, l'Office national du film du Canada (ONF), implanté à Saint-Laurent, a mis en route un projet multimédia inédit baptisé «PIB - L'indice humain de la crise économique canadienne». Ce documentaire web pancanadien bilingue témoigne des effets à long terme de la crise sur la vie des Canadiens.
IHC (indice humain de la crise)
À l'origine de cette aventure, Monique Simard, directrice du programme français de l'ONF, inspirée par un projet similaire en Europe. La documentariste Hélène Choquette en a ensuite défini les bases, la vision éditoriale avant de prendre les rênes du projet. Huit réalisateurs et autant de photographes chevronnés, postés un peu partout au pays ont accepté de mettre leurs compétences dans cet objectif: documenter et mesurer l'indice humain de la crise. Une quarantaine de lieux névralgiques, dans les zones les plus touchées au Canada, et leurs «acteurs de changements» sont scrutés: des hommes et de femmes de tous âges, de tous horizons, de toutes les communautés et de différents secteurs d'activité, ont accepté de parler librement devant la caméra afin de partager leur nouvelle réalité. Au total, il sera possible de suivre l'évolution de 17 histoires jusqu'en septembre 2010. «Ce type de documentaire social en temps réel sur le web est tout à fait nouveau, indique Hélène Choquette. Habituellement, on regarde un documentaire, on sort de la salle et c'est terminé. Là, l'histoire continue et on peut en suivre l'évolution et les mises à jour au fil des semaines.»
Et on y trouve de tout: des immigrants coréens propriétaires d'un motel à Vancouver, les solutions recherchées par le maire de Dalhousie, au Nouveau-Brunswick, un groupe de consommatrices responsables à Calgary, une école québécoise des métiers du métal… «Il n'y a pas que des victimes, on trouve aussi des gens qui tirent profit de la crise», précise Mme Choquette.
Cerise sur le gâteau: un documentaire a été réalisé par ses soins mettant en scène Bevan Jones, frère du tristement célèbre Earl Jones. «C'est très différent des déclarations à l'emporte-pièce à la sortie de la cour de justice», prévient-elle.
Crise de croissance
D'une durée d'un an, soit jusqu'en septembre 2010, ce documentaire social entièrement conçu pour le web sera constitué de plus de 200 films et essais photographiques d'une durée de quatre minutes. C'est sans compter les contenus (texte, image et vidéo) que les internautes pourront déposer dans le site: le spectateur peut également devenir acteur, invité à laisser sa marque en témoignant à son tour des enjeux qui nous concernent tous. Ils peuvent ainsi joindre leur voix à cette œuvre collective, évolutive et interactive.
Retrouvez toutes les vidéos et photographies de ce projet de l'ONF au www.pib.onf.ca
