«La sculpture représente la vie, la vie qui va durer longtemps. La répétition de la vie. L’art meurt, puis se reproduit dans quelque chose de nouveau», a expliqué André Turpin lors du dévoilement de sa sculpture, samedi. Le tronc d’arbre sur lequel l’œuvre «La vie» a été réalisée est en effet encore vivant. Il devait être coupé, mais l’artiste lui a donné une seconde vie.
L’œuvre laisse l’arbre au naturel, tel qu’il était. Le sculpteur n’a mis aucun vernis, mais il a ajouté une plaque commémorative au bas du tronc. Pour André Turpin, c’est un cadeau qu’il laisse aux résidents de son quartier. «Cet arbre-là, c’est l’héritage que je donne à mon quartier», déclare-t-il.
La sculpture a été construite sur un terrain privé, au 2210, boulevard Gouin Est. Positionnée à l’avant de la maison, elle peut être observée par les passants. Les résidents du quartier étaient d’ailleurs très heureux de ce cadeau d’André Turpin. «C’est magnifique. La sculpture se marie bien avec la maison. C’est un beau cadeau pour les résidents», raconte Pierre Richard.
Également présente lors du dévoilement, la députée Maria Mourani a adressé quelques mots à la trentaine de personnes réunies pour l’occasion. Elle s’est dite très heureuse de voir une telle sculpture dans le quartier. «Monsieur Turpin fait des œuvres magnifiques. Recycler les choses pour leur redonner la vie, c’est une autre façon de faire du développement durable», a-t-elle remarqué.
C’est la première fois qu’André Turpin effectue une œuvre de ce genre. «Je n’aurais jamais pensé faire ça», dit-il. La maison où est situé le tronc avait été son atelier à ses débuts. Lorsqu’il a vu les ouvriers commencer à couper le tronc, il a eu envie de préserver cet arbre. «J’ai eu comme un coup de foudre pour ce tronc. Je voyais déjà la sculpture», raconte l’artiste. «La vie» est également la première sculpture qu’André Turpin donne à son quartier. Il a effectué plusieurs sculptures publiques, souvent données à des institutions, mais aucune ne se trouvait si près de chez-lui. Résident d’Ahuntsic depuis maintenant 28 ans, l’artiste est très polyvalent. Il fait de la peinture, de la sculpture et même de la céramique. Son médium de prédilection reste toutefois la peinture. André Turpin a comme philosophie de ne pas vendre ses œuvres pour ne pas encourager la spéculation sur les œuvres d’art. Cette nouvelle sculpture contribuera à faire perdurer sa mémoire pour de nombreuses années, et même après sa mort, dans ce quartier qu’il chérit tant.
