Rappelons que cette élève en francisation au Cégep de Saint-Laurent avait refusé d'enlever son voile, couvrant la totalité du visage excepté les yeux, dans le cadre de cours en francisation offerts dans l'établissement. De nombreuses tensions avaient amené le Ministère de l'Immigration, responsable des enseignements, à intervenir et lui empêcher l'accès aux cours si elle s'entêtait à couvrir son visage.
La Presse a jeté de l'huile sur le feu en annonçant que l'immigrante de 29 ans avait été admise au CACI, où elle suit des cours de français à temps partiel, toujours avec son niqab.
Le groupe d'accueil a, sans surprise, refusé de commenter la situation. La directrice du CACI n'a pas retourné nos appels.
Mardi, le gouvernement est intervenu une seconde fois, interdisant à l'immigrante égyptienne l'accès aux cours dispensés par l'organisme dans la mesure où ceux-ci s'avèrent subventionnés par le gouvernement.
Maysoun Faouri, directrice de Concertation-Femme, un organisme de l’arrondissement qui offre des cours de français aux femmes immigrantes a accepté de commenté cet événement. «Nous, comme centre de femmes, nous sommes contre le niqab, car nous pensons qu'il va à l'encontre de l'égalité des sexes. D'un autre côté, on ne veut pas que cette femme reste isolée; on veut plutôt qu'elle sorte de la maison, qu'elle apprenne le français pour acquérir un peu d'autonomie. Mais il y a quand même un minimum de lois et de règlements à respecter quand on arrive dans un nouveau pays. Si c'est son choix, elle devrait l'assumer», a-t-elle indiqué.
Selon Mme Faouri, le Québec doit se doter de règles claires en ce qui concerne les accommodements raisonnables. «Sans ces règles qui gèrent les institutions, ça laisse place à trop d'interprétation.»
Contrairement au CACI récemment, Concertation-Femme n'a jamais reçu dans ses cours une femme voilée d'un niqab. «Il y a des femmes qui ont certaines contraintes et quittent le local en lien avec leur religion. Elles se retirent de l'activité et reviennent à la fin. Si une femme ainsi voilée venait dans un de nos groupes, nos enseignantes du ministère de l'Immigration avertiraient les autorités, comme ça a été le cas au CACI.»


