«On n'a qu’à penser aux îlots de chaleur en ville, pour comprendre le rôle joué par ces jardins dans notre environnement», poursuit-elle. «Les jardins communautaires ont une présence extérieure qui rend cette activité communautaire très visible aux yeux de la communauté. Le message véhiculé est très important: On y cultive l’amour de la nature, de la terre et de la saine alimentation, dans une grande implication communautaire», précise-t-elle, en rappelant que le comité de chacun des jardins est entièrement bénévole. Chacun des comités est appuyé par un animateur horticole, Martin Dorais, qui est rattaché à deux arrondissements dont celui d’Ahuntsic-Cartierville. Celui-ci effectue des visites régulières dans les jardins pour répondre aux questions techniques des jardiniers et les conseiller. Par ailleurs, dans les jardins, des règlements spécifiques à chacun ont été institués quant à la propreté, le jardinage et le civisme.
Mme Campbell relate l’effet rassembleur qui émane de la participation de citoyens aux jardins communautaires. «C’est une activité sociale qui regroupe des gens de tous âges, de tous les revenus, de toutes les origines, qui récoltent les fruits de leur labeur. Il y a aussi ces nouveaux arrivants qui cultivent des légumes et des fruits de leur pays et qui les font découvrir aux autres jardiniers.» Lors de notre visite, l’un des jardiniers nous a confié avoir pris en charge l’un des jardinets, à la suite du décès de son épouse. Le couple avait l’habitude d’entretenir un jardin.
L’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville compte 1 000 jardinets, répartis dans neuf jardins communautaires. Parmi ces jardinets, 16 d’entre eux sont réservés aux personnes à mobilité réduite. Ces jardinets sont exclusivement disponibles au jardin communautaire Saint-Sulpice. C’est d’ailleurs dans ce jardin que Terres en ville a fourni, l’an dernier, des compostières afin d’y implanter un projet de compostage. L’arrondissement a, quant à lui, fourni un hachoir. Les jardiniers multiplient leurs efforts pour composter leurs déchets.
Et puisque les efforts environnementaux sont de mise dans toutes les façons de procéder, aucun produit chimique n’est toléré. Seules les techniques naturelles sont utilisées, fait remarquer M. Dorais.
Ce dernier relate qu’il y a plus de 100 jours de culture, incluant la récolte, cet été. Plantes, petites fleurs, fruits et légumes ne demandent plus qu’à bénéficier des bons soins de ces valeureux jardiniers, ces lève-tôt, pour prendre vie.


